J’ai vu, j’ai lu, et finalement, ce qui s’est passé est assez bien le reflet de ce qui se passe tous les jours en France, sur tous les sujets :
– la bipolarité a encore frappé les esprits : d’une extrême politique à l’autre, c’est ou bien la faute des classes dangereuses issues de l’immigration banlieusarde, ou bien celle des policiers dont la seule présence est une provocation ;
– l’incapacité a encore tétanisé la gauche : ses responsables et sa presse ont décrit ce qui s’est passé par tout ce que la rhétorique permet pour relativiser et tout ce que le dictionnaire des synonymes compte d’euphémismes ;
– l’autodestruction a encore frappé le pays : la France n’est pas capable de se réjouir d’une victoire, il faut qu’elle la compense par une défaite ; elle aurait pu ne serait-ce qu’une nuit rayonner sur le monde, elle a préféré abîmer son image ; elle ne s’aime pas ;
– le virilisme a encore envahi les rues : les images montrent très peu de femmes, les femmes qui témoignent avouent la peur qu’elles ont eu, les insultes qu’elles ont subies de la part des casseurs.
Les émeutes de samedi montrent un pays en dépression, un État incapable d’exister, un monde politique momifié, une violence – uniquement masculine – qui se banalise. Tout ceci ne profite évidemment qu’aux deux extrêmes et en particulier à sa partie droite qui n’a rien d’autre à faire qu’à attendre que ça recommence. Car ça recommencera : quand on se plaint de quelque chose et qu’on ne fait rien pour que cela n’arrive plus, c’est qu’on en tire un bénéfice. Triste pays.
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