Territoire, entreprises, environnement
86 pages
Enquête

Territoire, entreprises, environnement - Site CPIE Sèvre et Bocage

Sorti le 18 octobre 2018

A la demande des CPIE des Pays-de-la-Loire et de la région du même nom, j'ai parcouru la Vendée et les Mauges avec mon micro et mon appareil photo pour interroger des patrons. Car les CPIE voulaient savoir quelle vision les entreprises ont de la nature, des questions d'environnement. J'ai donc interviewé des patrons sur leur histoire, celle de leur entreprise, sur leurs employés, leurs clients, leurs fournisseurs… sur la façon qu'elles ont de s'inscrire dans leur territoire. Comment elles dessinent le paysage qui les entourent. Petites et grandes, la plupart soufflent un air du temps qui n'était pas vert au départ, mais qui l'est devenu, parce qu'elles revendiquent un enracinement profond en Vendée et dans les Mauges. Une très belle expérience humaine et journalistique qui se prolonge en ce moment par des tournages de films, et la rédaction d'un tome 2, consacré au pays de Guérande.


HTThumbnail.ashx

De la Vendée je ne connaissais que des promesses d’alignements d’arbres, des gros bateaux poussés par le vent, des textes très méchants d’écrivains patrimoniaux sur les Chouans, un parc de loisir connu dans le monde entier, le beau Salon du livre de Noirmoutier, et le berceau de Clemenceau. Pour ma défense, je dirais qu’on ne vient pas dans le bocage vendéen par hasard, car le département se trouve entre Paris, les chteaux de la Loire et la mer. Il faut avoir à y faire, dans un pays-frontière. On y passe, on ne s’y arrte que contraint, qui plus est, dans un pays au passé anti-révolutionnaire tellement
ressassé qu’on a peur de s’embourber dans le folklore militant. La Vendée n’est pas un pays facile. Néanmoins, une fois qu’on y est, appelé il y a quelques années par des causeries portant sur les corridors écologiques, on est bien obligé de constater que le bocage y est aussi envo
tant que dans la vallée de l’Indre. Alors on y revient, et un jour, lorsque l’Union régionale des CPIE des Pays de la Loire me demanda d’explorer le lien qu’elle jugeait singulier entre les florissantes entreprises de la Vendée « militaire » et les choses de l’environnement, je dis « oui » et débarquai plein de sourires à la gare de Cholet. Dès lors, je ne suis pas allé sans connatre quelques surprises. Né entre deux ateliers de dentelle du pays de Caudry, petite ville installée en bord de route dans le sud du Nord, j’ai vu la désindustrialisation ruiner ma ville et me suis en conséquence trouvé fort dépourvu lorsque je me suis assis face à des patrons presque heureux de peiner à embaucher. Comment donc? Il existerait bien en France un pays où l’industrie se porte si bien qu’elle a du mal à trouver des bras et des ttes pour la faire tourner!? Quand on vient d’un département dévasté par la culture mono industrielle dont le brutal effondrement a été immédiatement suivi par le chmage généralisé et un remarquable abandon par le personnel politique, on est tout saisi. Mme, douteux. D’autant que, autre surprise, non seulement les entreprises vendéennes se portent assez bien pour essayer de recruter au moyen de grands panneaux visibles depuis la route, mais elles semblent de surcrot vivre dans un bonheur social que le Ch’ti né du croisement d’une famille d’ouvriers et d’une autre de petits patrons n’a pas eu à connatre : dans le pays de la dentelle, qui se trouve sous celui de l’acier et à droite des mines, sur des platitudes de champs de bataille où l’arbre et la haie sont plus rares que la betterave et le colza, le rapport de forces est ce qui structurait la vie sociale entre un patronat aussi paternaliste que honni par un monde ouvrier ultra-syndiqué et adhérent au « parti ». Partage de pouvoirs, comédie humaine. Or, point trop de syndicats, ici, à l’est de Nantes, le mot semble mme malséant, pas plus que d’immenses usines qui fument et qui puent, mais des petites botes dans chaque village, soutenues par les élus et par elles-mmes: on peut tre concurrents, entend-on depuis les fauteuils de direction, on n’en est pas moins du pays et donc, solidaires et assez partageurs.Le paternalisme sans le conflit?
Le capitalisme sans le chacun pour soi? Une étonnante impression de calme. La légende dirait-elle vraie: le « miracle vendéen » serait-il une réalité ? Au premier abord, la Vendée dite militaire semble un monde qui bat son rythme depuis toujours, passant les crises comme le bateau sur la houle, avan
ant en groupe pour ne jamais se défaire. Un pays à cheval sur son passé, encore hérissé de croix, soucieux de son patrimoine de pierre, de haies et d’eau ; de sang, aussi; pour qui l’avenir n’est pas si compliqué. Et qui en plus ferait gaffe à son environnement, dit-on. C’en est trop ! Surpris par la bonne écoute que leur ont toujours offerte les entreprises du pays, Laurent Desnouhes et Olivier Gabory, directeurs respectifs des CPIE Sèvre et Bocage et Loire-Anjou, voulaient en connatre la raison en convoquant un regard extérieur. Que ma tte est allée porter entre Loire et collines vendéennes durant deux semaines de l’été 2017…/…

BAT_061878855_CPIE_livre_FdenhezBAT_061878855_CPIE_livre_Fdenhez2BAT_061878855_CPIE_livre_Fdenhez3
Infos_Territoire,_Entreprises,_Environnement