Enquêtes, essais

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J’ai beaucoup d’amitié et de respect pour L214 et notamment Sébastien Arsac, son cofondateur. L’association a courageusement mis ses caméras là où ça fait mal, obligeant le monde agricole et le consommateur à s’interroger sur notre rapport à la nourriture. L214 a fait avancer les choses. Cela ne m’a toutefois jamais empêché de m’étonner que le mouvement n'ait jamais proposé qu’une seule chose : il y a des élevages dégueulasses et des abattoirs immondes ? Arrêtons l’élevage ! Le but est d’ailleurs habilement écrit dans la tribune publiée ces jours-ci par Le Monde, qui vient en soutien d’un livre publié il y a deux jours par l'association. Tribune que Sébastien m’avait d’ailleurs demandé de cosigner, ce que j’ai refusé pour une raison simple : le titre laisse accroire qu’on ne veut que l’interdiction des pires élevages, alors que le texte ne propose que… l’abolition de l'élevage. En jouant sur les mots. Qu’est-ce par exemple qu'une « consommation essentiellement végétale ? » En grande partie végétale, ou par essence végétale ?
240 pages, pratique, Buchet-Chastel, sorti le 3 octobre 2019.
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J'ai juste fait la préface de ce joli livre plein de bons conseils ni terrifiants ni gnangnan. Un livre anglais, dont je ne connais pas les auteurs !
144 pages, pratique, Le Livre de Poche, sorti le 9 mai 2019.
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À la demande de France Nature Environnement, j’ai écrit cette France de demain en dix propositions d’actions et de transformations, dix actes concrets, simples, qui sont autant de leviers pour changer le pays en changeant notre rapport à la nature et au temps. Dix propositions pour le citoyen… et dix propositions pour les élus. Cela fait vingt, en fait un peu plus. Dix chapitres, dix thèmes transversaux sur notre place dans la nature, notre rapport à l’énergie, le rôle fondamental des collectivités, la gouvernance de l’eau comme exemple à suivre (en l’améliorant…), l’importance de l’éducation à l’environnement et de la bouffe etc. Dix chapitres rédigés à partir des documents internes de FNE, des discussions avec ses bénévoles et salariés, de mes propres réflexions. Un livre pas facile à rédiger, car il a dû se frayer un chemin entre les nombreux réseaux et membres de la plus grande fédération d’associations de protections de la nature de France. Mais le voilà, il est beau comme une feuille de route à partir de laquelle tous les prétendants à la Présidentielle devrait développer leur vision de l’avenir. S’ils en ont une.
192 pages, essai, Flammarion, sorti le 27 avril 2016.
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La vie d'un homme qui se confond avec celle des zoos et de l'évolution de la façon que la société a de voir la biodiversité : celle de Pierre Gay, héritier et père de ce qui était un trou peuplé d'animaux devenu un des plus beaux parcs zoologiques du monde. À Doué-la-Fontaine, la famille Gay, confondant sans toujours le savoir l'histoire de sa passion avec celle de ses ancêtres, a créé un petit chef-d'œuvre de pédagogie. Un havre entre nature et nature, entre l'homme et la nature, entre présent et futur, entre ici et là-bas. Entre l'histoire personnelle et l'histoire, une sorte de psychogénéalogie par l'amour de la nature. Un homme qui me dit "moi, ce qui me plaît ici, c'est pas de faire bonjour kiki à mes animaux le matin, c'est de les voir comme les représentants d'espèces qu'on est en train de sauver, elles et leurs habitats, avec les hommes, là-bas, qui vivent avec", c'est un homme de qualité; Dont j'ai fait la bio, en nègre officiel.
190 pages, biographie, témoignage, Delachaux & Niestlé, sorti le 24 mars 2016.
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D’après les éternels opposés, chasseurs et naturalistes, je serai pour les premiers un naturaliste, et pour les seconds un chasseur. Signe que je prends mon boulot de journaliste très à cœur ! J’ai de l’empathie pour tout le monde. Il y a là-dedans autant de permis de chasser que de budget des fédérations, de chasse à courre que de fauconnerie, de souffrance animale que de loup, d'hypocrisie de la société que de protection de la nature, etc.
156 pages, document, Delachaux & Niestlé, sorti le 11 septembre 2013.
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J’en ai marre, ras-le-bol, des faiseurs de peur et de leurs pendants, les négateurs des peurs. Oui, notre société crée de nouveaux dangers. Oui nous avons des raisons d’avoir peur. Mais l’expression de ces peurs est sans commune mesure avec leurs objets. Sur ce terreau se développent les bonimenteurs, les charlatans, les profiteurs. D’un côté les pessimistes, catastrophistes, parce que nous le valons bien, de l’autre les scientistes, idolâtres de la science. Entre les deux, le citoyen est perdu. Dans notre société déréalisée, déshumanisée, individualiste, il préfère grossir sa peur car la peur est une façon d’être ensemble, et de gouverner. Notre civilisation touche à sa fin, sans qu’on n’en voie le bout. Les objets de nos peurs sont invisibles. Alors nous les grossissons, et nous les verbalisons en les rattachant au grand récit que nous avons tous en tête, celui de la création qui, forcément, doit aboutir à un récit de l’apocalypse. Nous sommes tétanisés, alors que la peur est un sentiment positif, une mise en branle du corps et de l’esprit qui devrait augmenter nos sens et nos capacités pour nous aider à réfléchir ensemble notre avenir…
290 pages, document, François Bourin éditeur, sorti en mai 2010.
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3ème édition (on en est à 40000 ex. depuis la 1ère, et on est assez content, M. Autrement et mézigue), entièrement revue, textes nouveaux, graphes nouveaux, une double sur la vigne, une autre sur les collectivités locales…
La première édition toujours disponible… en turc !
4e de couv' de cette édition : "Le moindre événement météorologique d’envergure, tempête, cyclone,
ou canicule, et l’on invoque immédiatement le réchauffement de la planète. Qu’en est-il exactement ? Le réchauffement est aujourd’hui une certitude. Selon les prévisions du dernier rapport du Giec (février 2007), la température moyenne de l’atmosphère sera, en 2100, de 1,5 à 5,8 °C plus chaude qu’aujourd’hui. Et une part essentielle de cette hausse est d’origine humaine.
Il importe de réagir avant qu’il ne soit trop tard. Mais de quelle(s) manière(s) ? Alerter les politiques, réformer les comportements individuels, changer de modèle de développement… À chacun ses choix, mais en connaissance de cause. Tel est le pari de cet Atlas.
À travers plus de 100 cartes, graphiques et illustrations, il explique très clairement les mécanismes du climat, les signes du réchauffement : températures et précipitations en hausse, neiges et glaciers en diminution, météorologies bouleversées, migrations des animaux, etc.
Cette nouvelle édition réalisée en partenariat avec l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) s’accompagne d’un supplément de 8 pages sur les conséquences de ce réchauffement pour “la France à l’horizon 2100” et d’une réglette permettant au lecteur de tester l’impact de ses comportements sur le climat. Quel pays allons-nous laisser à nos enfants ? Quel temps fera-t-il à Marseille, à Lyon ou à Dunkerque ? Que pourra-t-on désormais cultiver ?
Une bonne manière peut-être de réaliser l’urgence du problème et la nécessité d’agir tout de suite tant au niveau individuel que collectif.
Frédéric Denhez est ingénieur en environnement, conseiller scientifique et directeur de collections, spécialiste du monde sous-marin et des questions d’environnement.
Michel Petit, préfacier et conseiller scientifique, est membre de l’Académie des sciences et participe au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).
Krystyna Mazoyer est géographe-cartographe indépendante."
88 pages, atlas, Autrement, sorti le 6 avril 2009.
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Il ne parle pas que du bio ! C’est un livre sur le système alimentaire, tellement opaque, angoissant, malhonnête, mystérieux, que chacun de nous se dit en définitive… « et pourquoi pas acheter bio ? En lui au moins on peut avoir confiance ! » Certes, mais le bio ne peut pas tout.
Pourquoi une telle défiance envers la bouffe, en France ?
Comment retrouver confiance ?
Pour y voir clair, allumer la lumière dans cette profonde boîte noire qu’est l'alimentation, je suis parti d’un double constat : cela fait quarante ans que nous avons abandonné à d’autres, à la Sainte-Trinité agriculture intensive-industrie agroalimentaire-grande distribution, la composition de ce que nous mangeons ;
cela fait quarante ans que l’alimentation a été réduite à des nutriments et des messages médicaux.
Où est le plaisir ? Où est la sociabilité de l’acte de manger ? Et nous, alors !?
J’ai exploré le monde des GMS, celui de l’industrie alimentaire et cosmétique, le bio - bien entendu, les circuits courts et les magasins de producteurs, les régimes « sans », le véganisme, mais aussi les associations d’aide alimentaire, les labels et les app., le monde agricole qui s'adapte et les scientifiques (toubibs, anthropologues, préhistoriens, psys, agronomes…) qui savent remettre l’alimentation dans son contexte, les discours, enfin.
Je dénonce, j’ironise, je tape parfois très fort, mais je dis aussi ce qui se passe de bien (même dans la grande distribution), parfois là où ne s’y attend pas.
J’ai enquêté partout en France, pendant plus d’un an.
256 pages, enquête, Albin-Michel, 6 février 2019.
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1, 2, 3. Je sais, c’est beaucoup. Mais je ne maîtrise pas les calendriers éditoriaux. Alors, voilà : après la Chasse le vrai du faux (Delachaux & Niestlé) et Cessons de ruiner notre sol (Flammarion), voici donc mon troisième livre de la rentrée. Mon cinquième sur le climat, après L’atlas du changement climatique (Autrement, 3 éditions, peut-être une quatrième, si l’éditeur se bouge les fesses) et Une brève histoire du climat (L’Œil neuf). Cette fois-ci, écrit avec l’ami Farid Abdelouahab, écrivain tout comme moi, historien et iconographe hors pair, voici un livre d’art… sur notre culture climatique.
Notre imaginaire (climatique)…
Ou plutôt, sur notre imaginaire collectif forgé par le climat. Et ce, depuis Gilgamesh qui a inspiré les grands récits de catastrophes des religions du Livre. Entre les légendes de cette incarnation de la civilisation néolithique et les blockbusters d’aujourd’hui, il y a une continuité que l’on lit et l’on regarde dans les livres saints, les témoignages de bourgeois, les livres d’Heures, les écrits de curés, les gravures, les enluminures, les ex-voto, la peinture, la poésie, les romans, les livres d’histoire, l’affiche…
Le vent et la tempête ont constamment inspiré les poètes. L’eau qui déborde a de tout temps fait peur, parce que c’est elle qui détruit : on la retrouve en priorité dans les témoignages. Comme l’hiver, le gel, le froid, l'effroi d’une nature figée. Les œuvres et les témoignages nous montrent que chaque catastrophe naturelle, dès lors qu’elle a trop tué, trop détruit, a nécessité une intervention du pouvoir pour canaliser la terreur afin de l’empêcher de détruire l’ordre établi. C’est alors qu’on cherchait une réponse, dans une faute des hommes commise contre Dieu, ou bien dans la présence d’impies. Le pouvoir civil faisait alors organiser des manifestations de dévotion par le pouvoir ecclésiastique, qui se prolongeaient par des rites expiatoires, l’érection de quelques statues et, bien entendu le massacre des habituels boucs émissaires, Juifs, saltimbanques et femmes par trop indépendantes (les sorcières). Les cycles du temps, qui rappelaient ceux des femmes, étaient régulièrement mis sur le compte de celles-ci dès lors qu’ils brisaient un moment l’ordre bien droit des hommes.
… est toujours borné par la Fin du Monde…
Une même eschatologie nous guide aujourd’hui face au changement climatique. La catastrophe est inévitable, alors il nous faut faire des petits gestes de pénitence afin d’attendre plus sereinement la fin de notre monde décadent. C’est notre faute. Ou bien celle des vilains chinois, des entreprises mécréantes, des lobbies impies, des pétroliers impurs (abreuvent nos sillons) et des sorciers climatosceptiques. Toujours l’humaine condition. Que de grandes manifestations de foi, tels que les réunions internationales, les semaines et autres journées du développement durable, ou bien des homélies télévisées et cinématographiques, se font force de modifier par des messages aussi sombres qu’infantilisants. Qu’est-ce qui a vraiment changé depuis mille ans ?
… et l’attitude de l’élite
Car cette eschatologie sans cesse recommencée entraîne les réfractaires dans une course vers une église hérétique, le scientisme forcené (où l’on trouve les apôtres de la géoingéniérie, qui depuis la nuit des temps pratiquent la danse de la pluie), et, chez l’élite, vers le refuge du déni. Ce qui importe est que l’Ordre ne soit pas rompu. Il est toujours aussi masculin et laïc. La Religion, les médias, les ONG ou la Science ne sont que des prestataires d’événementiels. L’histoire de la fin des civilisations démontre sans ambiguïté que les sociétés mortes d'un stress climatiques l’ont été non à cause de celui-ci, mais parce qu’elles n’ont rien changé, ou trop tard, à leurs habitudes. In fine, à leur façon d’exercer leur pouvoir, à extraire et distribuer les richesses. Les civilisations meurent de leur fragilité, laquelle se cache dans leurs inégalités sociales. Les colères du temps ne font que déborder les colères des peuples.
Un voyage littéraire et artistique
Cette continuité historique, parce que culturelle, nous l’avons donc exploré par le texte et l’image. Des chapitres thématiques ou chronologiques, entrecoupés et enrichis de (re) lecture de textes et d’images emblématiques. Le climat se cache partout, il inspire l’humanité depuis toujours. L’iconographie, effectivement assez exceptionnelle comme l’indique la quatrième de couverture, est le fruit du travail de Farid. On peut difficilement trouver meilleur iconographe dans ce pays ! Le choix des textes littéraires est dans l’ensemble de mon fait. Quant à mon inspiration, je l’ai trouvée chez un de mes maîtres, Emmanuel Le Roy Ladurie, l’inventeur de l'histoire du climat.

192 pages, livre illustré, Buchet-Chastel, sorti le 16 octobre 2014. Co-écrit avec Farid Abdelouahab.


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Sujet ardu (je ne connaissais rien avant à l'économie !), commencé il y a six ans dans Géo par un dossier sur l'ivoire, terminé cette année grâce à Philippe Dubois, patron de Delachaux, qui en a compris l'intérêt. À l'heure du Grenelle, pourquoi la nature a-t-elle autant souffert de nous ? Parce qu'elle ne vaut rien en termes économiques. Faut-il alors lui donner un prix pour qu'on y fasse attention ? Sans doute, c'est en tout cas vers cela que l'on va. Assureurs, financiers, ONG, entreprises mettent un peu de vert dans leurs comptes d'exploitation et leurs catalogues. Ce faisant, certains remettent en cause le dogme économique contemporain, tandis que d'autres le consolident. Sans s'en rendre compte, leurs approches nourrissent un réel débat philosophique sur notre rapport à la nature (je suis sûrement plus clair en vidéo, ou en interview). Nombreux passages radios, chez l'ami Denis Cheissoux par exemple (CO2 mon amour, France Inter).
250 pages, enquête, Delachaux & Niestlé, sorti en septembre 2007.
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L’auto n’est plus tout à fait un rêve, un totem social. Elle est un mal nécessaire. Les élus en ont marre, les automobilistes paient trop, les villes s’étouffent, les jeunes s’en préoccupent moins que de leurs smartphones, le diesel pollue, les modèles sont trop chers et moche. Peugeot s’effondre. Voilà des signes qui montrent que le symbole même de notre civilisation est en train de vaciller. Tant mieux! Mais ce vacillement ne va-t-il pas en entraîner d’autres? Par quoi pourra-t-on remplacer le tout-voiture? Pas par le tout électrique, c’est certain
224 pages, essai, Actes-Sud, sorti le 13 septembre 2013.
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Après l’Assiette est dans le Pré, je continue ma petite exploration de la bouffe. De ce qu’elle nous dit de la société. De sa force de persuasion politique. Manger, c’est voter, comme ne cesse de le revendiquer mon préfacier, Périco Legasse. C’est peut-être voter plus efficacement que de laisser tomber un bulletin dans une urne ! Manger est un acte social, car manger correctement, c’est demander à l’agriculture de travailler correctement. C’est lui donner plus d’argent, donc plus de forces face au gang à chemisette-rayures-cravate de la Grande distribution. Mais manger mieux, à tous les sens du terme, est-ce forcément manger bio ? Non ! Car le Bio est la cerise que l’on va chercher après qu’on a su se reconstituer le bon gâteau d’une hygiène de vie et d’une culture alimentaire riche et diversifiée. À quoi bon manger bio si c’est des plats tout préparés livrés par messagerie ou des tomates en hiver cueillies en Espagne par des semi-esclaves marocains ? À quoi bon manger bio si c’est pour donner des sous à Leclerc et, bientôt, Amazon ? Le bio est un humanisme, une philosophie naturaliste qui s’oppose au système agroalimentaire tel qu’il est aujourd’hui, et au fascisme naissant qu’est le véganisme. Mais le bio est fragile, travaillé qu’il est par des contradictions internes et les formidables pressions de l’industrie et de la Grande disitrbution qui, toujours, essaient de phagocyter ce qui les menace. La crise de croissance est bien là. Elle peut ouvrir l’avenir sur un nouvel équilibre, une ligne d’horizon attirante pour ces 20% d’agriculteurs qui sont déjà en train de changer de modèle ; ou être l’idiot utile du processus d’élimination de l’agriculture humaine et paysagère, au profit d’une moléculture hygiéniste, tracée, propre à destination de purs esprits urbains effrayés par le sang, le sol, les épluchures, le gras et la mort. Attention, danger…
128 pages, enquête, Buchet-Chastel, sorti le 15 février 2018.
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J’ai essayé d’être bêtement objectif. Que vous dire d’autre ? Si : lisez la critique parue dans le Monde… à l'époque.
« « L’affaire » Séralini est en tous points désespérante. Que la publication du chercheur soit entachée d’erreurs méthodologiques (nombre de rats trop faible, souche de rats inadéquate, mauvais protocole statistique, interprétation hasardeuse des résultats, pas d’analyse des mycotoxines, dévastatrices chez le rat et habituelles dans le maïs, ni du bispéhnol A et des autres perturbateurs endocriniens émis par les cages en polycarbonate sont les critiques les plus fréquentes) n’est pas le problème : tout travail scientifique est critiquable, c’est ainsi que la science avance. Et puis, on peut reprocher aux tests toxicologiques de Monsanto les mêmes faiblesses.
Le premier hic est la façon dont le travail de M. Séralini a été publié. Avant même d’être lu par ses pairs et les journalistes spécialisés, il a fait l’objet d’une couverture et de longs développements dans un magazine grand public, sans contradiction ni remise en cause. Cette étrangeté déontologique, plus le fait d’avoir mis en exergue les photos de rats gravement cancérisés, à propos desquels on peut se demander pourquoi on les a laissés souffrir à ce point avant de les euthanasier, tout cela laisse penser que le but recherché était de marquer l’opinion par l’émotion. Ce qui a eu pour effet de rendre quasi inaudible les critiques faites sur le travail de M. Séralini.
L’autre problème est d’ordre journalistique. Comment des professionnels ont-ils pu accepter d’écrire sur un travail scientifique sans l’avoir lu, parce qu’ils n’en avaient pas le droit, parce que Séralini avait «dealé» ses résultats avec un seul magazine ? Comment les membres de la rédaction dudit magazine ont-ils pu, de fait, s’interdire d’enquêter car on ne critique pas une exclusivité ? Comment on-ils pu étendre à l’ensemble des OGM une publication qui ne concerne qu’une plante génétiquement modifiée (PGM) et un seul transgène ? Cette affaire n’a pas redoré le blason des journalistes. Ni celui de la science, qui, vis-à-vis de l’opinion, a tout l’air d’avoir été, en la personne de M. Séralini, instrumentalisée pour asseoir une opinion. Les critiques se sont fait accuser, en gros, d’être tous pourris, quand ceux-là accusaient le médiatique Séralini de ne pas savoir faire de science. Qui croire ? Personne, si même la science, se donnant en spectacle comme n’importe quelle autre institution, se révèle aussi peu sérieuse et honnête que la presse et la politique, à une époque où les Français, sondages après sondages, avouent ne plus avoir confiance en leurs institutions.
L’image qu’ont donnée les politiques dans cette affaire ne peut que renforcer les Français dans cette défiance. La France qui a mis des années à réagir aux drames de l’amiante ou du sang contaminé a réagi, quelques heures après la sortie en kiosque du Nouvel Obs, en demandant à l’Europe de surseoir à toute demande d’autorisation des OGM. La politique est sensée être l’art de prendre son temps pour bien mesurer les conséquences des décisions qui engagent la société vers son avenir. Elle a montré à cette occasion qu’elle s’agitait dans l’urgence. Ce n’est pas rassurant. Tout comme le constat désolant que, décidément, sur le dossier des OGM comme sur celui du nucléaire, des gaz de schiste ou des nanotechnologies, le débat est impossible : les critiques émises sur le travail de M. Séralini ont été immédiatement qualifiées de parti pris pro-OGM, en particulier par des politiques très tôt montés à la barricade (en particulier Dominique Voynet, Nathalie Kosciusko-Morizet, Corinne Lepage, Chantal Jouannot, François Grodsdidier), de même que les défenseurs de M. Séralini ont été rangés par les médias dans les rangs des anti-OGM. Pro- ou anti- OGM, il n’y a pas de place en France pour des opinions intermédiaires, nourries par les faits, juste les faits.
À tous ces titres – scientifique, déontologique, journalistique, politique –, l’affaire Séralini est un désastre qui a fait oublier le sujet principal : les OGM sont-ils dangereux ou non pour la santé humaine ? C’était sans doute le but recherché. Tant qu’on n’avance pas dans un sens ou un autre, le « combat » continue et justifie l’existence de la comédie humaine qui le mène. Au moins aura-t-on pu découvrir qu’en France, il n’existe pas d’indépendance parfaite de l’expertise parce que l’État n’en a pas – n’en a plus – les moyens financiers.
À l’heure où nous relisons ces épreuves, Corinne Lepage et Gilles-Éric Séralini ont porté plainte contre le journaliste de Marianne, Jean-Claude Jaillette, parce que ce dernier a rapporté dans un de ses papiers, très critiques contre la publication de M. Séralini, les propos d’un scientifique américain la qualifiant de «fraude». En France, les climatosceptiques nous avaient habitués à vouloir débattre du réchauffement climatique en public. Il faut croire qu’il s’agit maintenant de considérer la controverse scientifique comme une opinion qui pleut se plaider. Un désastre, décidément, que cette affaire. »
156 pages, document, Delachaux & Niestlé, sorti le 21 mars 2013
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Enfin mon premier livre graphique… depuis le temps que je l'attendais… et Stéphanie Zweifel, mon éditrice, m'a trouvé un fabuleux dessinateur, Gilles Macagno. Qui résume en un coup de crayon le contenu de quelques feuillets.
Le 5 octobre de la deux mille et dix-septième année de l’ère chrétienne sortira mon premier livre graphique, et c’est un événement d’une ampleur nord-coréenne. Avec Gilles Macagno au dessin, je raconte l’agriculture d’aujourd’hui et de demain par le biais de la bouffe. Ce que nous mettons dans notre assiette est un acte social. Un choix de société. Un type d’aménagement du territoire. Bien manger, c’est faire le choix d’une agriculture aussi transparente que possible, conduite par des paysans suffisamment bien rémunérés. Manger de la merde, c’est accélérer le plus grand plan social de notre histoire, celui de la fin, terrifiante, de notre agriculture. Bien manger fait mieux vivre les paysans qui font mieux vivre nos écosystèmes. Pour vous donner faim, voici quelques doubles. Vous en aurez d’autres le 4 octobre…
128 pages, livre graphique, Delachaux & Niestlé, sorti le 5 octobre 2017.
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Un petit livre illustré par RED! sur les idées à la con qu'on peut avoir sur les transports. Allez, hop, un extrait… "C’est
comme ça,
on ne peut rien
contre le stationnement
en double file !? - Cela a été étudié en Île-de-France, mais il n’y a pas de raison qu’il en soit autrement ailleurs : le stationnement en double file est l’une des principales causes de retard des bus, obligés de ralentir pour contourner ces obstacles intempestifs. La double file, c’est aussi l’ennemi de l’automobiliste, qui l’oblige à ralentir, à prendre des risques pour déboîter, et à râler. C’est aussi son ami lorsqu’il a – comme toujours – une bonne raison de s’y adonner : porter un chèque à la banque, acheter une baguette, saluer un copain... On n’en a jamais pour longtemps. Moyennant quoi la fluidité de la circulation en ville est altérée. L’agglomération de Nice a constaté une hausse des émissions d’oxyde d’azote, de particules fines et de benzène dans les quartiers les plus concernés
par le stationnement en double file. Cette hausse peut aller de 3 à 36 % quand même ! Mais voilà, se garer en double le n’entraîne qu’une toute petite amende, de l’ordre de 22 €...

138 pages, livre illustré, Delachaux & Niestlé, sorti le 3 septembre 2019.
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À force d'écrire et de causer, on finit par se lasser de répéter les mêmes choses, surtout quand on voit ses confrères et consœurs, censés faire de la bonne vulgarisation, raconter des conneries, manier les moulins à prière, enfiler des perles et répéter les poncifs. Et puis, à force de les fréquenter, les écolos de salon ont fini par me sortir par les trous de nez. Alors, en accord avec Sainte Charlotte Jacobsen, éditrice miraculeuse de son état, j'ai commis ce charmant petit livre conçu pour être parcouru dans les transports publics et les toilettes privées. Illustré par Roland Garrigue qui, manifestement, s'est bien amusé. Voilà. Vous avez maintenant entre les mains un livre qui fera très bien pour fabriquer des quiz ou tenter d'occuper les enfants dans la voiture. Mô non, la voiture, vous prenez le train !
138 pages, livre illustré, Delachaux & Niestlé, sorti le 21 mai 2015
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A la demande des CPIE des Pays-de-la-Loire et de la région du même nom, j'ai parcouru la Vendée et les Mauges avec mon micro et mon appareil photo pour interroger des patrons. Car les CPIE voulaient savoir quelle vision les entreprises ont de la nature, des questions d'environnement. J'ai donc interviewé des patrons sur leur histoire, celle de leur entreprise, sur leurs employés, leurs clients, leurs fournisseurs… sur la façon qu'elles ont de s'inscrire dans leur territoire. Comment elles dessinent le paysage qui les entourent. Petites et grandes, la plupart soufflent un air du temps qui n'était pas vert au départ, mais qui l'est devenu, parce qu'elles revendiquent un enracinement profond en Vendée et dans les Mauges. Une très belle expérience humaine et journalistique qui se prolonge en ce moment par des tournages de films, et la rédaction d'un tome 2, consacré au pays de Guérande.
86 pages, enquête, texte et photos, CPIE Sèvre et Bocage, sorti le 18 octobre 2018.
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J’ai essayé, et apparemment, j’ai réussi, d’être objectif avec les OGM. Puissé-je y être parvenu également avec ce Nucléaire !
156 pages, document, Delachaux & Niestlé, sorti le 3 octobre 2013.
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Lire ce texte vous prendra environ deux minutes, soit une quarantaine de grammes de carbone. Ce n’est pas bien. L’imprimer pour le relire serait pire, car alors vous tireriez scandaleusement sur le réseau électrique. Aujourd’hui, le carbone juge notre vie. Nos gestes, nos achats, nos décisions. Son « bilan » est une radiographie très précise d’un système, d’une entreprise, d’un service public, d’un secteur économique, d’un quartier, d’une pomme… de vous. Voir le carbone, c’est observer le fonctionnement de notre société, ce qui s’échange, ce qui est perdu, ce qui arrive, est stocké, repart, ce qui est essentiel et superflu. Tout peut être traduit en carbone, c’est une question de facteurs d’équivalence. Le carbone est roi. Il est le juge suprême. L’évoquer, c’est parler de tout, de tous les problèmes d’environnement, de la société, mais c’est surtout ne rien faire.
Nous voilà donc maintenant avec un indicateur quasiment unique, technique, désincarné, autoritaire, dérangeant, abstrait, partiel. Est-il au moins utile
? Nous permet-il de réduire nos émissions de gaz à effet de serre? La réponse est non. Le bénéfice des petits gestes est annulé par l’effet rebond qui compense l’efficacité énergétique, le « carbone gris » présent dans les importations (NDLR : autrement dit le carbone émis par la fabrication et le transport des produits étrangers que nous consommons), la tertiarisation de notre économie, la désindustrialisation-délocalisation de notre pays.
Les petits gestes ne servent à rien. Si ce n’est à confirmer l’individu dans la position de clé de voûte du système économique que le capitalisme lui a assigné
: ami, tu dois consommer, consommer vert en suivant les étiquettes vertes et, parce qu’on t’a culpabilisé, sauver la planète en réduisant ton budget carbone. Pour les classes populaires dispersées par l’individualisme, c’est encore un peu plus les isoler, dans un monde qui n’est, décidément, qu’un amalgame de comptes. Réduire nos émissions, atteindre des objectifs de réduction, résumer sa vie à des échanges de carbone, voilà une façon qui ne contredit pas vraiment un monde qui cherche sans cesse la performance, la réduction des coûts, l’amélioration des flux, l’efficacité.
Quant à l’action globale, ami consommateur, ne t’inquiète pas, car le Protocole de Kyoto a permis aux États d’abandonner la lutte au marché, forcément efficient. Le marché qui a créé un marché spécifique, entouré de marchés dérivés où l’on peut s’échanger des certificats d’économie d’énergie et des « émissions évitées » dans le cadre des mécanismes de compensation. Deux belles foutaises, car basées sur des scénarios fictifs (avec ou sans la chaudière à condensation par exemple) aussi divers qu’il existe d’officines les proposant, et, en ce qui concerne la compensation, fondée par un absurde fantasme d’ingénieur, la « neutralité carbone ». Mais l’essentiel est que j’ai compensé. Ouf, ma contrition est faite grâce à la magie de la science, dans une société de services où l’individu abandonne ses tâches ingrates à des intermédiaires rémunérés. Changement ?
En réalité, le carbone est aujourd’hui un produit financier, une monnaie. Une ligne comptable permettant d’ajuster un actif et un passif (carbone). Rien d’autre. De flingueur potentiel du système néolibéral, il en est devenu le premier porte-flingue. De la bonne huile pour faciliter les rouages. Le consulter comme une pythie ne fait qu’encourager le laisser-faire, car le temple où on l’a placé est toujours celui du court terme.
Il faut réduire les émissions de carbone de l’élevage à viande
! Ne mangeons plus de viande? Non, méthanisons les déchets, contrôlons toutes les molécules et évitons la fermentation en donnant des farines animales aux vaches. Dans deux à trois ans, vous constaterez une baisse spectaculaire de l’empreinte carbone… grâce à une technicisation poussée à outrance d’élevages regroupés pour rentabiliser les investissements. Tout le monde sera content, le productivisme sera vert. C’est vrai que manger moins de viandes provenant d’élevages à l’herbe, qui ont le mérite d’entretenir les innombrables fonctions biologiques et hydrologiques des prairies, ne s’observera sur le bilan en carbone qu’au bout de vingt ans. Un temps qui ne s’inscrit pas dans notre système de valeurs.
Le carbone est devenu un alibi. Il est temps de le faire tomber de son si commode piédestal en l’obligeant à cohabiter avec d’autres indicateurs, écologiques et sociaux, dans un tableau de bord à l’élaboration duquel le peuple, par des conférences de consensus, doit participer. Un indicateur finit toujours par contraindre la réalité. Le PIB, comme le carbone. Que le peuple le reprenne en main, qu’il ne le laisse pas aux seuls « experts », pour en faire une arme contre le système économique. C’est le moment
! Une crise existentielle est un moment idéal pour briser des symboles, pour faire basculer d’un coup un système de croyances et de valeurs.
Contrairement à ce que nous dit le Principe de précaution, ce n’est pas parce que nous ne savons pas que nous n’agissons pas. C’est au contraire parce que nous savons quoi faire que nous ne faisons pas, parce que nous savons ce qu’il nous en coûterait
: l’écroulement de notre système de croyances et de valeurs. Pour vivre avec cette contradiction, nous avons planté un totem, le carbone, dont nous n’écoutons que ce qui nous arrange. Écoutons-le une fois. Il nous dit que les piliers de notre monde sont la bagnole, l’hypermarché, l’achat compulsif, les trajets inutiles. Que le politique, conduit par nous, malmène ces symboles, et tout s’écroulera.
300 pages, document, Fayard, sorti le 28 septembre 2011.
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Cessons de ruiner notre sol a fait date, alors les éditions Flammarion lui offrent une seconde vie avec une seconde édition en poche. Texte actualisé, entièrement revu, au final, les choses ont quand même bien avancé…
236 pages, enquête, Flammarion, sorti le 10 octobre 2018.

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L’équivalent d’un studio : voici la surface de terres fertiles dont la France est amputée chaque seconde, sous la pression du macadam, des zones pavillonnaires et des hypermarchés dont notre pays est champion. Comment une telle situation est-elle possible, alors que nous peinons déjà à nourrir une population mondiale en pleine explosion ?
C’est pour le savoir que Frédéric Denhez a mené cette enquête corrosive, sillonnant le territoire, sondant les agriculteurs « conventionnels » ou convertis au bio, les maires, les chercheurs, etc. Et ce qu’il a découvert glace le sang : non content de se raréfier, le sol ne parvient plus à assurer les services qui le rendent inestimable. Nivelé, démembré, laissé à nu, labouré en profondeur, soumis à d’inquiétants polluants et à la spéculation… la dégradation de ce bien commun millénaire, garant de notre alimentation et de nos paysages, appelle à une profonde révolution des mentalités.
Empêcheur de penser en rond, l’auteur propose une série de solutions à adopter d’urgence, tout en revenant sur bon nombre d’idées reçues comme l’intérêt du tout bio, les bienfaits du « zéro carbone », etc. Un livre choc, au confluent des maux qui affligent notre société.
212 pages, essai, Flammarion, sorti le 1er octobre 2014.

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Je n'ai fait ni mon Attali, ni mon de Rosnay, ni mon expert, je me suis contenté de réfléchir au pourquoi du comment on en est là et de me renseigner sur les contraintes qu'exercera le dérèglement climatique. Ceci fait, les choses qui devront changer parce qu'elles ne seront plus adaptées apparaissent d'elles-mêmes. Le travail consiste alors à imaginer deux scénarios opposés, extrêmes : le "on ne change rien", et le "on change tout". Puis à tenter de trouver les facteurs sociaux, économiques, politiques, culturels ou encore sanitaires qui influenceront le choix de l'électeur-consommateur entre ces deux non-choix. Le tout emballé avec mes propres idées. Il paraît que ma conclusion est très politique. Vous me direz… En tous les cas, nous avons connu deux guerres, je ne vois donc pas pourquoi nous ne serions pas (plus) capables de remuer notre société comme nous l'avons déjà fait. Mais c'est une révolution mentale !? Oui ! Et il faut la faire… vite…
216 pages, document, Armand-Colin, sorti en février 2009.
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Sujet ardu (je ne connaissais rien avant à l'économie !), commencé il y a six ans dans Géo par un dossier sur l'ivoire, terminé cette année grâce à Philippe Dubois, patron de Delachaux, qui en a compris l'intérêt. À l'heure du Grenelle, pourquoi la nature a-t-elle autant souffert de nous ? Parce qu'elle ne vaut rien en termes économiques. Faut-il alors lui donner un prix pour qu'on y fasse attention ? Sans doute, c'est en tout cas vers cela que l'on va. Assureurs, financiers, ONG, entreprises mettent un peu de vert dans leurs comptes d'exploitation et leurs catalogues. Ce faisant, certains remettent en cause le dogme économique contemporain, tandis que d'autres le consolident. Sans s'en rendre compte, leurs approches nourrissent un réel débat philosophique sur notre rapport à la nature (je suis sûrement plus clair en vidéo, ou en interview).250 pages, enquête, Delachaux & Niestlé, 12septembre 2007.
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Finalement, ce livre a eu du succès. Seconde édition. Et près de six ans après, beaucoup de choses ont changé. La réglementation s’est accrue, les polluants ont changé de taille et de nature. Aujourd’hui, ils sont plus difficiles qu’avant. Moins toxiques, mais mieux cachés. Avec des effets qui ne sont pas que le cancer. Obésité? Retard cognitif? Maladies neurodégénératives? Allergénicité? Peut-être. Ce qui est sûr par contre est que la contamination se fait à la maison et au bureau. Pas sous la cheminée des incinérateurs…
Je voulais absolument démontrer que les marées noires ce n'est rien à côté de la contamination des mers par les pesticides. Qu'on arrête de nous em… avec les galettes de pétrole. Olivier Canaveso me commanda un manuscrit, qu'il tenta de refiler à Balland. Il échut finalement, très remodelé (grâce à Charlotte Jacobsen), chez Philippe Dubois. Depuis, près de 4000 exemplaires, mais surtout un intérêt étonnant dans les associations, les salons du livre, les écoles. Un succès d'estime dont mon ego n'est pas peu fier, qui souligne la peur parfois millénariste pour ces saletés dont on ne pourra jamais vraiment se débarrasser. Là encore, nombreux passages radios et télés.
350 pages, enquête,
Delachaux & Niestlé, éédité, refondu, sorti le 26 août 2005, réimprimé, réédité le 27 octobre 2011.
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Bon, d’accord, je suis le troisième de l’année, sorti bon dernier. Et le lecteur qui aura déjà mis 20 euros pour les confrères ne risque pas d’en remettre pour ma pomme. Mais qui sait ? Voudra-t-il peut-être, le gentil lecteur, en cette période de rentrée qui n’a jamais été favorable au pouvoir d’achat, surtout après des JO, du foot et du vélo qui l’ont obligé à acquérir un écran plat géant afin de mieux déceler les traces de piqûres sur les cuisses des dopés, voudra-t-il donc, l’heureux livrophile, un style fort peu caressant pour la gent pêcheuse qui fait rien que vider nos mers et nos océans ? Voudra-t-il savoir pourquoi la fuite en avant, promue par certains (la pêche est un monde d’hommes), nous conduit à une mer peuplée de bâtons de surimi ? Voudra-t-il comprendre en quoi la morue, le thon rouge et l’anchois sont les symboles de nos choix de société aberrants et de notre schizophrénie ? Oui ! Car j’y vais non mollement sur les "solutions" : réseaux de réserves marines, élevages d’herbivores ou offshore et… privatisation des quotas de pêche. C’est en marche, mais on ne le dit pas assez : les fidèles zélateurs de l’économie néolibérale, ont, avec la pêche, l’exemple qui leur manquait, illustrant la théorie de la tragédie des vaines pâtures : la mer se vide, parce qu’elle n’appartient à personne et que le poisson appartient à celui qui l’attrape. "Mieux" gérer la pêche, c’est donc privatiser le poisson. Cruelle révolution philosophique déjà entreprise en Islande et dont on cause au Ministère.
224 pages, essai, Delachaux & Niestlé, sorti en octobre 2008.