1ère newsletter ! Écotaxe, TFNB, TVA sur les TC, VTC : derrière les acronymes, on cherche le courage, on trouve les prémices d'une société différente


L’utile écotaxe, bouc émissaire d'une Bretagne saccagée


"C’est à cela qu’on reconnaît la profondeur d’une culture : à la dimension philosophique de ses combats. Voilà pourquoi la larme nous tombe lorsque nous contemplons le Gwenn-ha-Du battre le vent celte pour défendre Père Dodu, dans le bruit de grillon des triskèles agitées pour protéger les abattoirs Gad contre l’horrible infortune. (…)


Voilà ce que m’inspirent les Bonnets rouges, dans un édito paru sur le site des JNE, fruit d’une longue actu développée sur CO2, mon amour (France Inter) le 2 novembre, repris en partie par Denis Cheissoux dans son billet la semaine suivante… 

L’écotaxe (initialement Taxe Kilométrique Poids Lourd), que ne rejettent ni les chargeurs, ni les transporteurs, est un bel outil, un signal efficace, un symbole qui compte. Elle n'est pour rien dans la transformation de la Bretagne en fosse à purin. Les bonnets rouges ne sont ni des esclaves ni des révolutionnaires nouveaux, mais des perdus qui se battent contre ce qu’ils peuvent. Ils seraient sans doute mieux inspirés de s’en prendre aux agro-industriels perfusés aux subventions, aux lycées agricoles qui n’ont formé qu’aux sous-emplois, à la Grande distribution qui les appauvrit et reportera sur eux le montant de l’écotaxe, comme elle le fait déjà de la majorité de ses coûts annexes.

L’État a baissé son pantalon, mais heureusement, des Bretons agissent en silence, comme le groupe Hénaff. Quant à Écomouv, tout le monde (politique) s’inquiète aujourd’hui qu’une société privée prélève une taxe. C’est pourtant ce que fait Écoemballages et Adelphe depuis des années !



Étalement urbain, crise du logement, coût de la voiture: tout est dans la TFNB (ou presque)


Le gouvernement a aussi baissé son pantalon (il va finir par prendre froid) sur la hausse de la Taxe sur le Foncier Non Bâti. « Spoliation ! », « Saisie ! », « Réquisition ! », a-t-on entendu. On ne touche pas impunément au dogme de la propriété, en France.

Pourtant, cette excellente affaire est une façon de supprimer la niche fiscale représentée par les terrains anciennement agricoles, reclassés « à bâtir », grâce auxquels d’astucieux investisseurs attendent que les prix montent afin de réaliser une belle culbute. Laquelle est
in fine payée par les locataires et accédants à la propriété des logements chers construits sur ces terrains hors de prix.

La mesure est certes grossière, mais symboliquement efficace pour lutter contre la spéculation foncière, et surtout utile pour combler les dents creuses des agglomérations, c’est-à-dire pour redensifier l’urbain. Donc limiter l’étalement urbain, cause de temps de déplacement en auto qui coûtent, à tous les sens du terme.

Cela m’a inspiré une chronique sur CO2, mon amour, le 16 novembre.



Le ticket de ciné baisse ? Le ticket de bus monte !


Le gouvernement sait quand même trouver de temps à autre le courage de dire « non ! ». Aurélie Filipetti ayant décrété que le théâtre et le cinéma sont indispensables à la vie, et au rayonnement culturel du royaume, la TVA sur les billets de théâtre et de cinéma va baisser. Par contre, celle sur les transports collectifs, certainement pas !

Élus et responsables des « TC » ont eu beau préciser que 1), cela ne constitue pas un message encourageant dans le cadre d’une politique a priori orientée contre le tout-voiture, 2) les usagers sont en majorité des personnes âgées et des travailleurs pas très riches, 3) les TC ont tous de graves problèmes financiers (la part payée par les pouvoirs publics baisse, celle par les entreprises stagne), qu’en conséquence, 4) il leur faudra augmenter le prix du ticket ; rien n’y a fait : le gouvernement ne s’est pas laissé intimider.

Curieusement, personne n’a parlé des Bonnets verts qui, virtuellement, manifestent contre cette stupidité.


Le taxi n’aura pas de concurrence

Le taxi est cher, n’est pas assez nombreux. Mais c’est parce qu’il paie une licence, très coûteuse, garantie d’une retraite intéressante. Cette licence est d’ailleurs, comme l’écotaxe (voir plus haut), une façon de donner un coût à l’usage de la voirie.

Et bien les taxis n’auront toujours pas de concurrence, comme les notaires et les pharmaciens. La Sécu avait voulu revenir sur leur chasse gardée ? Ce monopole sur le « transport de malade », qui constitue il est vrai l’essentiel des revenus des taxis des petites villes, est cause, selon la Cour des Comptes, d’une bonne partie du Trou. Peu importe, la Sécu a dû remballer. Les taxis avaient tout bloqué.

Constatant que le smartphone et les réseaux sociaux avaient développé des offres spontanées de covoiturage/ autopartage, sous la forme de Véhicules de Transport avec Chauffeur (VTC), concurrentes de celle des taxis, souvent complémentaires, en réalité, et s’insérant parfaitement dans cette « mobilité courante » qui se développe, le gouvernement avait prétendu les encadrer en autorisant. Mal lui en a pris ! Menaçant de tout bloquer à nouveau, les taxis ont obtenu que les VTC fassent poireauter le client… un quart d’heure, au moins (ils avaient réclamé une heure).