10e infolettre : ma Rentrée littéraire, avec des échantillons dedans !


Dixième Infolettre, par laquelle je vous présente mes 2 + 1 prochains livres. Une enquête sur les sols en France, un vrai du faux sur la chasse, et un « beau livre » coécrit sur les mythes et les réalités des colères du temps. Cela fait beaucoup, mais je ne maîtrise aucunement les calendriers éditoriaux. D’ici là, premier « CO2, mon amour de l’année » ce samedi 30 août. Je reprendrai mes activités normales d’infolettreurs (???) la semaine prochaine.



Les sols vont mal, mais ils iront mieux



Sur une idée de l’excellent Christian Counillon, maître éditeur chez M. & Me Flammarion, voici ma petite enquête (évidemment « sans concession », « au vitriol », qui « tape là où ça fait mal ») sur le pourquoi du comment de la baisse inquiétante de la qualité et de la quantité de nos sols. Inquiétante parce que sans sol, mes amis, il n’y a plus d’alimentation possible, durable, oserais-je dire.
Une enquête, donc, sur l’histoire de notre agriculture, celle de la PAC et du remembrement, sur l’étalement urbain, l’accaparement des terres, le labourage, les engrais, l’intérêt de conserver les sols (ben oui, après tout, on n’a qu’à tout faire pousser sous serre sur de la laine de verre ! ?) etc. Des interviews, des rencontres, des impressions, des faits, surtout, et le portrait amusé de deux héros : le lombric et le champignon. J’ouvre une souscription pour leur ériger des statues.
Une enquête un peu partout en France qui m’a fait voir une révolution - oui - en cours : les agriculteurs, effrayés par le coût croisant de leur travail, se (re) tournent vers le sol, qu’ils travaillent moins, pour le travailler mieux, et dépenser moins. Comme leurs pères d’il y a soixante ans, ils sont encore peu nombreux, mais se regroupent, s’échangent des infos, se forment à décider eux-mêmes de ce qui est le mieux pour leur petit terroir. Ce sont des productivistes d’un nouveau genre. La page de l’agriculture tout-chimique-mécanique est tournée. Les solutions sont déjà là. J’en propose quand même dix autres dans mon dernier chapitre.


sortie le 1er octobre, 200 pages (à peu près), 10 chapitres, Flammarion.

attachée de presse : Francine Brobeil (fbrobeil@flammarion.fr, 01 40 51 31 29)

-> le même mois, enquête sur le même sujet dans le magazine Ça M’intéresse et animation du colloque Sol contre tous, à Caen (13-14 octobre).

-> du 11 au 24 septembre se tiendra à l’Orangerie du Jardin du Luxembourg l’expo "Sols fertiles, Vies secrètes ». Mais je n’y suis pour rien.






"Le ver de terre, justement. Qui s'en soucie en France ? Son sort inquiète moins que le loup et les chiens abandonnés en été. Le lombric jouit d'une image déplorable. On ne voit en lui qu'un ver, c'est‐à-dire ce qui grouille au bout du hameçon aussi bien qu'au fond du cercueil ou dans les tréfonds de l'ordinateur à vous détruire un logiciel. Le ver révulse. C'est pourtant de lui que dépend en grande partie la fertilité de nos sols. Or, il n'est pas en bonne santé. Le labour le coupe, et les sols en sont tout perturbés. En labourant moins, les agriculteurs commencent à retrouver la fertilité perdue. »

(…) "Le lombric ne serait donc pas un long annélide aveugle, sourd, muet et insensible, gluant comme un serpent, contractile à la façon de l'asticot ; il est en fait, nous dit Charles Darwin, un être séduisant, intelligent, même, qui, opérant de vastes changements géologiques, crée le sol dont nous nous nourrissons à partir de la matière organique qu'il avale. Le ver de terre est un bienfaiteur de l'humanité, bref, il est notre ami, comme l'ours polaire et le panda. « Le labourage est l'une des inventions humaines les plus anciennes et les plus précieuses... mais bien avant elle, la terre était déjà régulièrement labourée et continue de l'être par les vers de terre », précise Darwin dans son livre. Plus efficace que le soc de la charrue, le ver est l'ingénieur de nos campagnes. Grâces lui soient rendues !"


Chapitrage :


PROLOGUE. Le sol, la vie

I. Coup de froid sur les sols… ou toutes les raisons de se pendre

II. L'agriculture, une histoire de fumier

III. La paysannerie labourée par la PAC

IV. Sous les hypers, la terre

V. La terre, valeur refuge du financier inquiet

VI. Mais après tout, le sol, on peut peut-être s'en passer, non ?

VII. Darwin avait raison : il ne faudrait pas labourer

VIII. Rhabillons nos champs !

IX. Pulvérisons !

X. 10 pensées pour les sols


ÉPILOGUE. Une révolution est en marche




La chasse, pour/contre, un dualisme stérile bien de chez nous

Certains hésitaient à se lancer, alors Philippe Dubois, le grand Mamamouchi de l’édition naturaliste française, qui préside aux destinées de la maison Delachaux & Niestlé, m’a proposé de m’en charger. Après « OGM, le vrai du faux », « Nucléaire, le vrai du faux », voici donc… « La chasse, le vrai du faux », sous une belle empaumure qui signe la nouvelle charte graphique de cette courageuse collection.
Comment parler de la chasse dans un pays aussi manichéen que le nôtre ? Où il faut forcément prendre parti sur tout ? Dire oui ou non ? Si l’on est pro ou anti-chasseur ? Mais justement, je m’en fiche ! Raison pour laquelle j’ai pu - enfin, vous me direz - avoir une approche objective, car factuelle, journalistiquement correcte, de cette affaire.
La chasse a le droit d’exister, les chasseurs ont le droit de tuer, mais ils cristallisent sur eux nos ambiguïtés face à la mort, la souffrance, l’urbanisation, la destruction du monde paysan. Du coup, ils font le dos rond et alors, souvent, n’importe quoi.
Ils aiment la nature, leur nature, comme ceux qui ne les aiment pas. Chacun sa vision. Mais la nature n’est pas à eux, pas plus qu'aux randonneurs, et ils n’en seront jamais les régulateurs. Tout juste des perturbateurs. Finalement, depuis Gilgamesh, on en est toujours à s’engueuler sur la place de l’homme et du sauvage…

Une découverte de la chasse en 25 chapitres (évidemment, là encore, « sans concession », « au vitriol », qui « tapent là où ça fait mal ») historiques, culturels, pratiques, économiques, juridiques, polémiques.


sortie le 18 septembre, 160 pages, 25 chapitres, Delachaux & Niestlé.

attachée de presse : Julia Bocquin (jbocquin@lamartiniere.fr, 01 41 48 82 63)





"Autrement dit, dès l’Antiquité démarre l’association entre chasse, domination et pouvoir, et son corol- laire, l’interdiction de chasser faite au «vulgaire» qui n’a comme pouvoir que celui de travailler et comme besoin unique celui de se nourrir. L’élite s’approprie les origines pour en faire les racines de sa prédominance sur la société. »

(…) "Le loup est un animal intelligent qui chasse en meute. Il n’est pas interdit de penser que Cro-Magnon, peut-être aussi Néandertal, se soit d’ailleurs inspiré de lui pour apprendre à chasser en groupe les gros gibiers. En tout cas, les techniques de chasse et les structures sociales des deux espèces ont très semblables. Le fait que le chien soit apparu est le signe de cette proximité. La haine du loup, mêlée de fascination, vient peut-être de là. Aussi, de la connaissance que lorsqu’il a faim, poussé par le froid, ou bien s’il a déjà goûté à la chair humaine sur un champ de bataille, ou encore lorsqu’il passe près d’une occasion inespérée tel qu’un enfant, une femme enceinte, un vieillard, un homme blessé, le loup peut attaquer. Comme un chien. L’homme, après tout, n’a aucune arme naturelle pour se défendre et ne court pas vite. En particulier face à un loup enragé qui, rendu fou, mord tout ce qui passe… En particulier s’il est un enfant gardant seul un troupeau en fin de journée, profil semble-t-il de la victime moyenne. »

(…) "Un autre conflit, au sein même des chasseurs, ronfle depuis des années sur la rente que représentent les huttes. Les propriétaires de ce patrimoine foncier le valorisent en effet très cher auprès des chasseurs qui, pour leur grande majorité, ne sont pas des gens aisés. La location à l’année d’une seule journée par semaine de chasse dans un modeste gabion sur une zone prisée se négocie entre 1 000 et 2 500 euros... en liquide. Pour beaucoup de chasseurs et d’élus, cela fleure bon l’Ancien Régime. D’autant que les revenus générés sont en partie exemptés d’impôts, dans la mesure où les huttes ne sont pas soumises à la taxe sur le foncier non bâti (TFNB)."


Chapitrage :


I LA CHASSE, UN FAIT DE CIVILISATION

CHAPITRE 1
Les premiers hommes, tous chasseurs ?
CHAPITRE 2
Des nobles
CHAPITRE 3
La figure du braconnier

II LA CHASSE ? DES CHASSES CHAPITRE 1
La fauconnerie
CHAPITRE 2
La chasse à la baleine
CHAPITRE 3
La chasse au (bébé) phoque
CHAPITRE 4
Les big five
CHAPITRE 5
La chasse à courre
CHAPITRE 6
En plaine, la chasse du dimanche
CHAPITRE 7
La chasse au gibier d’eau
CHAPITRE 8
La chasse au gibier de montagne

III LES DÉBATS FRANÇAIS
CHAPITRE 1
Droit de chasse ou droit de chasser ?
CHAPITRE 2
Qui est le chasseur français ?
CHAPITRE 3
Le paradis du chasseur ?
CHAPITRE 4
Les chasseurs ont-ils tué le grand méchant loup ?
CHAPITRE 5
La chasse a-t-elle éradiqué l’ours ?
CHAPITRE 6
Castor, lynx, loutre
CHAPITRE 7
Manger l’ortolan, est-ce illégal ?
CHAPITRE 8
Trop de sangliers ?
CHAPITRE 9
La chasse à la cocotte
CHAPITRE 10
Est-ce que chasser tue ?
CHAPITRE 11
Chasseurs : protecteurs de la nature ?

IV LA CHASSE ET NOUS
CHAPITRE 1
Le refoulement de la mort
CHAPITRE 2
Écologie, zoolâtrie, sensiblerie
CHAPITRE 3
Le paradoxe du paysan urbain




Les colères du temps et notre mémoire collective

Après quatre ans de vicissitudes, voici enfin ce projet coécrit avec le camarade Farid Abdelouahab, iconographe hors pair et historien de l’art de haute volée. Passé de Belin (que je voue aux pires tourments) à Buchet Chastel, il a bien mûri. Le livre, pas Farid.
De quoi parle-t-on ? De la façon dont notre société a depuis mille ans réagi aux colères du temps, aux catastrophes naturelles, aux changements climatiques. Nous avons fouillé les écrits religieux, les légendes, les récits, les registres, l’iconographie de toute époque, la littérature, le cinéma, l’affiche. Le résultat est que, finalement, nous réagissons maintenant comme nous l’avons toujours fait. Déni, acceptation, échappatoires, boucs émissaires, oubli… déni, acceptation etc.
Même aux époques où Dieu occupait les esprits, ceux-ci étaient bien plus factuels que nous le pensons : quand ça inondait, on savait pourquoi, mais au-delà d’un certain seuil de malheur, on convoquait l’Église comme on commande aujourd’hui un prestataire d’événementiel pour canaliser l’effroi et maintenir la cohésion sociale.
Les colères du temps sont ancrées dans la littérature, l’art. Elles le sont dans notre mémoire, notre langage, notre histoire. Elles ne font pas l’histoire, elles y contribuent.

Il serait bien qu’elles nous incitent à changer notre vision du monde avant qu’elles ne s’accumulent un peu trop.

Préface d’Emmanuel Le Roy Ladurie


sortie le 16 octobre, 208 pages, 120 illustrations, 9 chapitres, Buchet-Chastel.

attachée de presse : Marie-Laure Walckenaer (ml.walckenaer@libella.fr, 01 44 32 12 43)





Chapitrage :


I. LE CIEL AU CŒUR DE L’APOCALYPSE


II. DU DÉLUGE AUX CAPRICES DU CIEL

III. TEMPÊTES MÉDIÉVALES : BON SENS OU LECTURE DIVINE ?

IV. LA LITTÉRATURE, MIROIR DES COLÈRES DU TEMPS

V. CIVILISATIONS ET CLIMATS : DES LIAISONS DANGEREUSES

VI. L’HOMME AU CŒUR DES BASCULES DU TEMPS

VII. L’HOMME, CET APPRENTI SORCIER

VIII. RÉCHAUFFEMENTS : FANTASMES ET RÉALITÉS

IX. LA FICTION, MIROIR DE NOS ANGOISSES