11e Infolettre : Rénovation énergétique des logements ? Occupons-nous d'abord du foncier ! Avec aussi un peu de nitrates, de centres-villes à 30 km/h et de mérous.

Transition énergétique ? Occupez-vous d’abord du foncier !


Ministres et spécialistes n’ont que ce mot en bouche : il faut ré-no-ver les logements de façon à ce qu’ils consomment moins d’énergie. C’est bon pour le porte-monnaie, la balance commerciale de la France, l’emploi, l’atmosphère, la Planète. Sans cela, nous n’atteindrons jamais les objectifs de réduction de nos gaz à effet de serre retenus par l’Europe. La maison (et le bureau), c’est il est vrai autour de 40 % de notre consommation énergétique. Un poste important ! Pour chacun de nous, c’est la facture la plus lourde, surtout en hiver. Alors, i-so-lons ! Changeons la chaudière ! Installons un compteur in-te-lli-gent ! on ne peut pas faire autrement. L’avenir est à ce prix.



Très cher, la rénovation énergétique…

Très élevé, ce prix. Entre 10 000 et 50 000 € selon l’état énergétique du logement, les matériaux choisis et les coûts de main-d’œuvre. Une facture importante que la baisse de la consommation induite ne permet pas de compenser, car celle-ci ne résiste pas longtemps à la hausse constante du prix du kWh. En cinq ans environ le bénéfice est annulé. D’autant que s’ajoute à la bête mais tenace hausse du coût de l’énergie, l’effet de notre psychologie : j’en ai souvent parlé, l’effet rebond rogne de 30 à 50 % les économies réalisées en raison du fait que nous profitons de celles-ci pour, par exemple, monter légèrement la température de consigne de la chaudière toute neuve.


La rénovation énergétique des logements comprend aussi des coûts cachés, des « externalités », qui peuvent en annuler totalement l’intérêt. Car c’est une affaire très technique que d’envelopper un bâtiment dans une peau censée réguler ses échanges avec l’extérieur, installer des panneaux photovoltaïques, une vanne trois voies ou une VMC double flux. Il faut des compétences que tous les artisans n’ont pas, d’autant que les matériels et matériaux évoluent vite tout en se complexifiant. Rénover, ce n’est pas coller du BA-13 derrière un parpaing. Surtout, il faut aux professionnels penser le bâtiment dans son ensemble, en modélisant bien la circulation de l’air, l’humidité, les inévitables ponts thermiques (voyez cette thermométrie édifiante de FLIR Systems), l’inertie thermique des murs.
Dans les faits, une bonne rénovation nécessite souvent un maître d’œuvre. Sinon, on doit se préparer à des malfaçons et, à tout le moins, des désillusions. Une isolation de murs en pierre par l’intérieur conduit souvent à pourrir ceux-ci par l’humidité qu’auparavant ils pouvaient évacuer. Mais une isolation par l’extérieur qui a mal traité les ponts thermiques que sont les appuis de fenêtre peut aussi conduire à une accumulation d’humidité (et donc, une perte de chaleur), à ce niveau. Rénover une maison tout en laissant la cheminée ouverte et les fenêtres sans volets n’a pas non plus beaucoup de sens.



… parce que trop cher, le mètre carré !

Il ne faut donc pas attendre de la rénovation thermique des bâtiments les bénéfices mirifiques qui sont affichés. Il y aura des pertes. Mieux vaudrait, si l’on était cohérent, casser les passoires (disons que c’est la moitié du bâti actuel) pour construire à la place des bâtiments réellement « passifs ». Mais là encore, attention ! Ils sont chers, beaucoup plus que ce que l’on dit : pas 3 ou 4 % en plus, mais 20 à 30 %, à moins qu’on ne les bâtisse soi-même, ce qui est parfaitement possible (en kit, par exemple), moyennant beaucoup de temps. Faire construire est coûteux parce qu’encore une fois les matériaux et les matériels performants sont chers et complexes, et les bons artisans se font désirer.


C’est le prix à payer pour moins consommer qui in fine empêchera la transition énergétique d’atteindre ses nobles objectifs. Prix d’autant plus élevé que… le prix du logement, avant même d’en changer les fenêtres, est, en France, exorbitant. Comment voulez-vous inciter les Français à ré-no-ver alors qu’ils ont au cou la corde bancaire pour une génération ? Qu’ils vont claquer le tiers au moins de leurs revenus durant la période où ils seront le plus productifs pour simplement faire partie de la caste enviée des propriétaires ? Tant que les prix ne chuteront pas, que le système de Ponzi du marché immobilier ne se sera pas effondré, il ne pourra y avoir de transition énergétique.

Vu comme ça, la question trouve une réponse dans la polémique stérile et pathétique sur la loi Alur. C’est elle qui aurait gelé toute construction en France, alors qu’elle n’est même pas entrée en action, faute de décrets d’application ! Cette tentative d’encadrer les loyers, certes très mal vulgarisée, a été vidée de son sens par le lobby immobilier qui n’a pas intérêt à ce que l’offre rejoigne enfin la demande. La société non plus d’ailleurs : si le marché de l’immobilier - et de la terre agricole - est délirant en France, c’est parce que les propriétaires et ceux qui espèrent l’être y ont tout intérêt. Pour compenser le coût du crédit, rien de tel en effet que l’espoir d’une forte plus-value à la revente. Or, celle-ci naît de la faiblesse de l’offre par rapport à la demande. Et puisque tout le monde veut être propriétaire, il faut que les prix montent en permanence, c’est-à-dire qu’il y ait toujours moins de logements pour toujours plus de gens prêts à payer toujours plus chers. Ce dont ensuite tout le monde se plaint, après s’être félicité du doublement de la valeur de la maison en dix ans. C’est bien cela, un système de Ponzi (excellente infographie de Idé, pour la Dépêche).



Que faire ? Précipiter l’éclatement de la bulle…

Vous en doutez ? La hausse va continuer ? La bulle est un fantasme ? C’est toujours « le moment d’acheter », comme disent les magazines ? 

Regardez ces graphes :

- le premier (que j’ai réalisé à partir de données d’Empruntis.com et du Huffington Post) montre ce que l’on peut acheter à Paris, en remboursant 1 500 €/ mois durant 20 ans : trois fois moins de surface qu’il y a 17 ans, alors que les taux de crédit ont été divisés par 2 ! Et dire que le lobby immobilier continue d’affirmer que seule la baisse des taux relancera le secteur… Si l’on prolonge la tendance, la capacité d’achat sera de 0 m2 aux alentours de 2030. Absurde !



























- Le second graphique, issu de l’incontournable équipe de Jacques Friggit, au CGEDD, montre la même chose d’une façon différente : combien de temps faut-il pour s’acheter le même bien moyen, en France ? 27 ans, contre 13 ans en 1997 ! Regardez bien l’année 1991 : ça grimpe, et ça chute sévère pour près de dix ans. À bon entendeur…





























- Le troisième graphique, lui aussi sorti des cerveaux de l’équipe de Friggit, montre à quel point le marché est déconnecté de l’économie réelle : la courbe de l’indice prix/revenus (en noir), qui monte lorsque les prix augmentent plus vite que les revenus, ou quand ils baissent moins vite que les revenus, se situe aujourd'hui à un gouffre béant d’écart de celle indiquant le nombre de ventes (en rouge). Autrement dit, nous sommes dans une bulle. Pour savoir ce que ça fait, une bulle, quand elle éclate, je vous renvoie au graphique précédent.


































Conclusions : 1) tout est en place pour que la pyramide de Ponzi s’écroule, 2) l’histoire montre que les taux bas sont une incitation à acheter qui entretient la hausse des prix. Et inversement. Le prix d’achat est définitif alors qu’un emprunt peut se renégocier. Mieux vaut donc préférer acheter avec des prix bas et des taux élevés que l’inverse, les deux étant toujours liés. L’éclatement de la bulle viendra donc sans doute de la hausse des taux. Ça tombe bien, le taux directeur de la BCE, qui vient d’être abaissé, ne pourra plus aller plus bas…



… et abolir la propriété, telle qu’elle existe en France

Comme les taux bas, aider une fois encore les aspirants propriétaires à grands coups d’argent du contribuable ne fera que maintenir les prix à un niveau trop élevé. Les subventions ont toujours créé un effet d’aubaine pour les vendeurs, elles n’ont jamais fait baisser les prix ni incité à construire. Sinon, on l’aurait remarqué. La France est droguée aux aides publiques. Parce que chez elle la propriété est une pathologie. Une dictature mentale qui la rend dingue, immobilise un argent considérable qui ne circule pas dans l’économie (celle de la rénovation énergétique !) et réduit le niveau de vie des Français.

Il faut nous soigner.
En rendant la propriété pas plus attractive que la location ou qu’un placement financier. Encadrer le marché serait un minimum. Fixer des prix maximums, appliquer des impôts confiscatoires au-delà. C’est le cas dans la plupart des pays d’Europe du Nord y compris en Allemagne que l’on aime tant à copier. Allez voir un peu de l’autre côté du Rhin comment les loyers et les bails sont encadrés ! Une sorte de fermage urbain. On ne peut pas dire pour autant qu’Angela Merkel est à la tête d’un bastion communiste.
Non plus du Danemark, des Pays-Bas ou de la Suède !
Or, dans ces pays, la propriété n’est qu’un ensemble de droits et devoirs réglementant l’usage du foncier… qui n’appartient à personne, si ce n’est à tout le monde. Bien public, le foncier n’est pas aliénable. Attribuable pour x années, il n’est pas achetable, mais à louer. Quand vous achetez un appartement à Rotterdam, vous ne payez que les murs, pas le sol. Un loyer trimestriel est réclamé par la collectivité pour l’utilisation de celui-ci. Ces pays construisent beaucoup parce que la propriété n’est pas une fin en soi, et aussi parce que les promoteurs et les acheteurs n’ont pas le foncier à acquérir avant même d’avoir coulé la dale de béton ! Qui plus est, dans le neuf, les coopératives d’acheteurs, maîtres d’œuvre, font bâtir sans passer par un promoteur. Encore cela de gagné.
Imaginez cela en France…


Foncier = bien public pour que l’énergie n’aggrave plus les inégalités sociales

… oui mais cela reviendrait à abolir la propriété telle qu’elle existe en France depuis la Révolution.
  • Parce qu’il faudrait considérer que le foncier urbain est un bien public géré par les collectivités, et que le foncier agricole, de par son importance fondamentale pour notre alimentation, est un bien commun sous la responsabilité de la Nation.
  • Parce qu’il faudrait planifier sur le long terme l’allocation du foncier pour tel ou tel usage, à l’échelle de chaque bassin de vie, c’est-à-dire le nombre et l’emplacement des logements, le nombre de logements à rénover, année après année, sur au moins une génération.
  • Parce que le permis de construire ne serait plus dans les mains des maires, mais d'un petit millier d’agglomérations.
Certes, une telle transition foncière serait douloureuse pour les propriétaires actuels à qui la folie du marché a injecté l’espoir de caresser un jour l’état de rentier. Mais en laissant faire, la dictature du foncier privera nos enfants et petits-enfants de tout espoir de se loger décemment, près de leur travail, et leur interdira de vivre en consommant peu d’énergie. Des logements énergivores situés loin des villes : la dictature du foncier enchaînera les générations de demain à la dictature de la voiture, laquelle compte dans le budget énergie des ménages autant que le chauffage de la maison… En tout, 16% du budget mensuel familial, en ne comptant que le gaz, l’électricité, le bois, l’essence. Avec le budget total de l’auto, on arrive à 25-30%. Immobilier, énergie, voiture, le triple étranglement pour une part croisante de la population chaque jour plus fragilisée par la crise.
La transition énergétique est une question foncière parce qu’elle est une question sociale. Tant que la classe moyenne peinera à se loger, elle consommera toujours trop d’énergie.
 

Vous l’avez compris, il n’y aura pas de transition énergétique avec un marché immobilier en roue libre. La transition est en fait une révolution foncière. Y compris pour la terre agricole, mais de cela je vous causerai plus tard.


docs : ponts thermiques © FLIR systems, Ponzi © idé/La Dépêche, mètre carré © Empruntis/Huffington Post/FD, durée d’emprunt et prix/CGEDD.




Des nitrates et des sols


En dépit des CIPAN (cultures intermédiaires pièges à azote, le trèfle par exemple, planté après la récolte), imposées par l'État dans les régions qui débordent de nitrates, comme la Bretagne, et du respect - aléatoire - du taux maximal d’azote dans le sol (170 kg/ha/an) qui oblige les éleveurs de cochons à acheter ou louer plus de terres qu’ils n’en ont pour pouvoir épandre leur lisier (ce qui entraîne localement une hausse du foncier…), la France s’est encore fait condamner pour non-respect de la directive Nitrates de 1991.


- Le ministère de l’agriculture et celui de l’écologie ont répondu qu’ils mettaient tout en œuvre pour réduire la facture, à tous les sens du terme. Notamment en s’activant sur le plan "Énergie Méthanisation Autonomie Azote » qui vise à brancher un tuyau dans le cul des cochons pour alimenter nos villes en gaz, en électricité et en gaz naturel liquéfié (vroum).
- Le premier ministre a répondu à Bordeaux, lors d’une manifestation organisée par les Jeunes Agriculteurs, qu’il travaillait " à une adaptation de cette directive nitrates dont l’approche normative a clairement montré ses limites ».

Donc : on évacue tout ce qui déborde dans des grandes cuves, au rythme qui nous convient. Cela permet de retarder le moment où l’on devra appeler le plombier. Lequel nous apprendra que les tuyaux sont crevés : la pollution aux nitrates est due aux engrais de synthèse et aux lisiers, certes, mais elle ne serait pas aussi grave si les sols étaient capables de l’absorber, de la filtrer. Or, les sols, trop travaillés, laissés nus, sont moins capables qu’avant de « traiter » des volumes d’azote solubles qui, chaque année, augmentent.


La suite dans mon livre, à paraître le 1er octobre…

doc : © FNE, couv’© Flammarion







Centres-villes : polémique sur les 30 km/h

On en parle, on s’oppose, on s’invective à son propos : le débat lancé à l’échelle européenne par ville30.org sur la réduction de la vitesse des voitures en centres-villes à 30 km/h commence à arriver dans les médias.
Si vous voulez y voir clair… ben… y a mon livre de l’an dernier, dans lequel j’ai consacré un long développement à la question posée (chapitre 6).


"Tout le monde à 30 ?
Un mouvement citoyen se développe actuellement dans toute l’Europe pour demander l’instauration de 30 
km/h comme vitesse limite en ville. Avec un million de signatures, la pétition serait examinée au Parlement de Strasbourg et aurait peut-être des chances d’être transformée en directive. Pourquoi 30 km/h ? Parce que beaucoup de travaux montrent que c’est la vitesse idéale pour concilier trafic automobile et fonctions sociales d’un quartier. Qui plus est, les spécialistes de sécurité routière ont constaté depuis bien longtemps que le piéton percuté à 30 km/h a peu de chances de mourir, alors que la probabilité grimpe à 0,5 à 50 km/h. Et puis de toute façon, la vitesse moyenne en agglomération reste désespérément bloquée à une quinzaine de kilomètres heure, alors…

D’après ses promoteurs, les 30 km/h ne feraient perdre que 10 % du temps de parcours habituel, parce qu’à cette vitesse, l’automobiliste aurait moins à freiner puis à accélérer : on anticipe mieux les obstacles lorsque l’on roule moins vite, c’est indéniable. On navigue à vue sur des axes dont le respect de la priorité à droite est plus facile, qui pour le coup n’ont pas forcément besoin d’être régulés par des feux rouges. La fluidité s’améliore.

Sur le papier, ce projet n’a que des avantages, celui, notamment, de rendre la ville moins bruyante, moins anxiogène pour piétons et cyclistes, moins accidentogène. Pour les gestionnaires de la voirie, il serait même une opportunité car une auto qui roule à 30 km/h se contente de voies moins larges et de virages plus courbes. C’est comme la plomberie : avec moins de débit, le tuyau peut être moins gros. Alors, banco ! Allons-y pour 30, comme à Graz, en Autriche, à Berlin, Munich, Cologne et Karlsruhe en Allemagne, comme dans les centres-villes de Lorient, Sceaux et Fontenay-aux-Roses en France. La population de Strasbourg, ville exemplaire en matière de transport a quant à elle refusé par référendum la généralisation des 30 km/h. Celles d’Auray, Angers et Dijon ne seraient pas contre.
Savent-elles qu’elles apposeraient ainsi une signature de plus sur l’acte de condamnation à mort du diesel ? Les motoristes mesurent en effet dans leurs laboratoires que « les émissions [d’oxydes d’azote et microparticules] sont minimales pour des vitesses proches de 70 km/h alors que, pour les poids lourds, les émissions diminuent avec la vitesse (jusqu’à 90 km/h) ». La courbe en cuvette est significative. Le moteur thermique n’aime pas les petits régimes. Faites l’essai : roulez sur un même parcours à 30 puis à 50 km/h et regardez la jauge d’essence. Vous constaterez que vous aurez consommé plus en roulant moins vite. Embêtant. L’augmentation de la pollution et de la consommation de carburant est une sérieuse contre-indication à l’instauration des villes à 30 km/h. À moins de rouler dans des véhicules plus petits, à essence, hybrides. Hors de prix. Ou dans des voitures électriques réduites à leur plus simple expression, comme les véhicules sans permis ?"

doc : panneau DR, couv’ © Actes Sud



Bon signe : la Grande moule est revenue


Cela faisait ici et là près de vingt ans que je n’y avais pas plongé quand, pour Géo, j’avais « couvert » l’invasion des fonds tristes par Caulerpa taxifolia. Pendant une dizaine d’années j’ai plongé régulièrement en Méditerranée, pour mon travail et mon plaisir.
Quand, avec Claude Rives, je sillonnais les côtes pour enquêter et montrer la Méditerranée telle qu’elle est (était) dans deux livres,
Sanctuaires de la vie marine (Glénat) et La France marine (National Geographic), la tristesse m’envahissait à chaque coup de palme : il y a une dizaine d’années, la Méditerranée était abîmée. 

Le mérou et autres espèces emblématiques ne se rencontrait que dans de rares endroits où il n'était ni pêché ni chassé, en particulier à Port-Cros qui assurait sa survie en partenariat avec les pêcheurs. La Grande Nacre, mollusque bivalve « typique », moule géante fichée à la verticale dans le sédiment, était devenue invisible, tant elle était récolté par les plongeurs pour en faire, bien souvent, de fragiles cendriers. 

Quant à la posidonie, clé de voûte des écosystèmes côtiers et protectrice des plages, elle avait disparu des petits fonds sous l’effet des ancres et de l’urbanisation. Sur tous les sites de plongée, nous déplorions des fonds passés à la pelleteuse de palmes trop agitées et des tombants aux gorgones arrachées par des plongeurs incapables de se bien stabiliser.

Visiblement, ça a changé. Entre Nice et Saint-Raphaël, j’ai plongé sur les mêmes sites. Dix, quinze ou vingt ans après, la posidonie est à nouveau en bord d’eau, la Grande Nacre ouvre la bouche à 5 m sous la surface, le mérou nage en nombre. Les plongeurs, nettement moins lestés qu’avant, sont plus aquatiques. C’est très frappant… Je n’en ai vu aucun, l’an dernier comme cette année, faire le petit chien pour rester en place.

Voilà qui me réjouit ! Somptueuse, la Méditerranée est à nouveau belle à portée de palmes. Ne pas prélever, faire attention, sont des attitudes qui manifestement sont devenues banales chez les plongeurs. L'air du temps, sans aucun doute, mais aussi un changement de génération parmi les moniteurs : ceux de la vieille école fédérale, élevés à l’idée qu’on plonge « pour descendre », sont remplacés par des jeunes pour qui l’on plonge « pour remonter », et pour voir. Moins de plombage, plus de temps pour observer. Ça change tout. Comme le respect des réglementations.


docs : Caulerpa taxifolia © FD/ Biosphoto, Grande Nacre @ Institut Paul Ricard, Mérou © François Desbordes/Delachaux & Niestlé/Petit atlas des poissons de Méditerranée (© FD)