Le Dico du monde marin

128 pages, encyclopédie
De la Martinière Jeunesse
Sorti en avril 2008


Il fallait bien que ça arrive un jour. Béatrice Decroix, ci-devant présidant aux destinées des éditions De la Martinière Jeunesse m’a un jour tiré du lit en disant : "eh, oh, tu dors encore un peu trop et t’as ta chaudière à changer, alors viens donc faire un livre chez nous !"
Pour la chaudière, chère Béatrice, l’à-valoir ne m’a permis que d’acquérir une partie du jeu de collier nécessaire à la fixation de la tuyauterie. Quant au sommeil, je suis resté au lit ! En pensant qu’il était temps, après deux (et bientôt trois) enfants, vingt ans de plongées et de mers , que je rédige un premier essai à destination des gamins. Et ce fut drôle ! Une île de joie dans mon habituel océan de dérèglement climatique, de pollutions invisibles, de mer qui monte et de pêcheries qui se vident de leurs poissons…


Extraits :
"Astrolabe, sextant et boussole servent à se repérer en mer. Le premier (sans doute inventé en Grèce au cours du IIe siècle av. J.-C., puis popularisé sur les bateaux par les Portugais au XVe siècle) est une sphère graduée (comme un rapporteur utilisé en cours de géométrie) qui reproduit un certain nombre d’étoiles et, bien sûr, le Soleil. En positionnant le zéro sur l’horizon, et en pointant ensuite, à travers un viseur, le Soleil, on obtient l’angle que fait l’astre avec l’horizon. Cet angle correspond à celui existant entre l’endroit où se trouve un bateau et l’équateur. L’astrolabe fut donc le premier instrument à donner la latitude, c’est-à-dire la position entre le nord et le sud. Mais sa lourdeur et son encombrement le rendaient difficile à utiliser à bord d’un bateau en train de rouler ou de tanguer, d’autant qu’il fallait le tenir à bout de bras. Les mesures que l’astrolabe offrait étaient de ce fait peu précises. C’est pour cette raison que le sextant l’a remplacé au milieu du XVIIIe siècle."

"Les gens qui habitent au bord de la mer le savent bien : par temps calme, le vent souffle depuis l’horizon au cours de la journée et depuis la terre le soir venu. En fait, ce n’est pas de vent qu’il s’agit, mais d’un mouvement d’air local, ponctuel et léger, qu’on appelle une brise. Le jour, frappée par les rayons du soleil, la terre se réchauffe plus rapidement que la surface de la mer. La terre étant chaude, elle chauffe l’air. Celui-ci s’élève donc, car sa densité a diminué du fait de la chaleur. Il apparaît ainsi un déficit d’air au ras du sol, une dépression qui est compensée par de l’air venu depuis l’océan. Et voilà pour la brise de mer. À l’inverse, le soir, la terre se refroidit beaucoup plus vite que la surface de la mer. L’eau continue de chauffer l’air alors que la terre a cessé de le faire. L’air devient moins dense, il s’élève au-dessus de la mer. Un déficit apparaît au ras de l’eau, comblé par… la brise de terre."

"La falaise est ce qui reste après que l’érosion a abîmé un rivage rocheux. L’érosion est le fait de la mer, mais aussi des embruns, des vents, de la pluie et du gel. Lorsque de l’eau s’infiltre dans les fissures d’une falaise en hiver, elle gèle. Et comme quand elle gèle son volume augmente, cela élargit les fissures. On appelle ce mécanisme la gélifraction, qui explique par exemple l’érosion des belles falaises blanches de Normandie et celles des caps Blanc-Nez et Gris-Nez dans le Pas- de- Calais. Un autre processus, plus amusant, est dû à des mollusques et des vers qui, en voulant creuser la base des falaises pour s’aménager des niches confortables, les condamnent à s’écrouler ! C’est le cas notamment en Picard i e. Les morceaux de falaise qui partent à la mer sont roulés par la houle, transformés en galets. Transportés par les courants, ils s’accumulent un moment au pied des falaises, puis ailleurs, après avoir été véhiculés par la mer. C’est ainsi que ce qui tombe des falaises d’Étretat se retrouve au Hourdel, à l’entrée de la baie de Somme. »

"Il narre les aventures d’un marin, Ismaël, qui s’engage sur le PEQUOD, un baleinier commandé par le terrible capitaine Achab. Celui-ci ne pense qu’à une chose : retrouver, pour le tuer, le cachalot blanc qui lui a valu de perdre une de ses jambes. Cette quête mène l’équipage du PEQUOD sur toutes les mers et le condamne à mort. Seul survit Ismaël, flottant sur un cercueil dans l’archipel des Kiribati, à l’ouest du Pacifique. Écrit par Herman Melville (1819- 1891), MOBY DICK ne connut pas le succès à sa publication, en 1851. Le roman, considéré à l’époque comme trop violent, trop réaliste, effraya la critique. Il ne devint célèbre qu’au début du XXe siècle."

"Plus exactement, elle est la partie supérieure, la crête, de l’onde. Le vent, la chaleur, la moindre agitation apportent de l’énergie à la surface de la mer, que celle-ci doit évacuer. Elle le fait sous la forme d’une onde, de vagues. Une onde, c’est une suite de bosses sépa-rées par des creux. La distance entre deux bosses (les vagues), ou deux creux, s’appelle la longueur d’onde. Celle-ci dépend à la fois de la profondeur de la mer et de la hauteur de chaque vague. Quand la profondeur est faible, la longueur d’onde diminue et la hauteur augmente : les vagues grossissent tout en s’empilant. Bref, lorsque les vagues atteignent le rivage, elles « montent ». Elles se creusent sous leur propre poids et, lors-qu’elles se sont trop creusées, elles se cassent. Elles déferlent alors sur le rivage."




La Pêche racontée aux enfants

128 pages, encyclopédie
De la Martinière Jeunesse
Sorti en avril 2008


Béatrice Decroix a su flatter mon ego. Après le "dico" de ci-dessus, elle est venue à moi, implorer ma contribution à ce titre qu'elle souhaitait sur la pêche dans sa collection "… racontée aux enfants". Cela tombait bien, je commençais à travailler pour Delachaux & Niestlé (voir page précédente) sur "mais-c'est-pourquoi-qu'y-a-pu-d'poissons-dins-la-mer". Et travailler avec Philip Plisson, grand homme de la photo d'écume, auteur des images de ce titre projeté, n'était pas pour me déplaire. J'ai donc accordé mon temps à dame Béatrice. Pour ce livre qui dit les choses et fait sentir l'honneur (perdu ?) du métier de pêcheur aux pré-ados de France, d'Italie, d'Allemagne et du Québeeeeeeec.

Extraits :

"Les pêcheurs ne travaillent pas le jour. C’est au moment où tout le monde dort que ces hommes courageux embarquent sur leurs bateaux et vont travailler. Pourquoi ? Parce que c'est la nuit que la majorité des poissons remontent en surface. Ils viennent y chercher leur nourriture de base, le plancton végétal, qui, la nuit, se trouve en surface attiré par la lumière de la lune. Et pour repérer leur proie, rien de plus facile pour les poissons ! Il suffit de quelques mouvements dans l’eau et le plancton, par une réaction chimique, émet de la lumière."

"La pêche sous-marine est soumise à des réglementations plus strictes que les autres pêches et les plongeurs sont très soucieux de les respecter : ils ne prélèvent en effet que des animaux à la taille réglementaire. Équipés d’un double-décimètre ou d’un pied à coulisses (instrument de mesure) ils ne peuvent pas se tromper (pour l’ormeau par exemple, la taille minimale est 9 cm). Un des principaux avantages de cette pêche : la prise accessoire n’existe pas ! Le plongeur n’attrape aucune autre espèce que celle qui l’intéresse, et fait ainsi bien moins de dégâts que les autres techniques.
Enfin, pour le plus grand plaisir des gourmands, ormeaux et langoustes attrapés, un par un, et placés soigneusement dans des paniers, arrivent en surface en parfait état. Une des raisons d’ailleurs de leur prix souvent élevé !"

"La marche à suivre est bien réglementée : les pêcheurs donnent leurs poissons aux personnels de la criée. Les caisses sont étiquetées par espèces, par tailles, par poids et en n’oubliant pas de noter le nom de chaque pêcheur. Elles défilent ensuite sur des tapis roulants, et les prix, proposés par les pêcheurs, s’affichent sur un écran. D’une pression sur un appareil électronique, chaque mareyeur indique si une caisse ou une espèce l’intéresse. Plus il y a de « mareyeurs » (acheteur en gros de poissons) intéressés par la même caisse, plus le prix de celle-ci monte. Moins il y en a, plus le prix diminue, c’est le principe même des enchères. Enfin, le mareyeur, à la clôture de la vente (la vente débute et s’arrête à une certaine heure), qui a proposé la somme la plus élevée emporte la marchandise. Ensuite il revend ses produits à des supermarchés, aux poissonniers, aux restaurants ou à des usines qui transforment les produits de la mer en conserves ou en surgelés."

"Quand un pêcheur part en mer, il sait ce qu’il cherche : un poisson de fond, un poisson de courant, un poisson de banc. Mais malheureusement à chaque prise, quand il remonte son filet, il y trouve des tas de choses dont il n’a pas besoin. Des poissons d’une autre espèce, des poissons en mauvais état, des poissons trop petits ou déjà en partie mangés par des prédateurs. Tous ces « déchets », morts ou quasi, il les rejettent alors à la mer. C’est ce qu’on appelle les prises accessoires. Souvent il s’agit de dauphins, de requins, de phoques et de tortues de mer. Au total, les prises accessoires représentent de 20 à 60 % du tonnage remonté chaque année par les pêcheurs. Ces tonnes d’animaux morts, inutiles aux pécheurs car invendables, retournent donc, à la mer. Quel gâchis ! "

"Quel que soit le type de bateaux, chalutiers ou unités industrielles géantes, la solitude est la même, dans ces moments-là. Quand on est confronté au danger, ou à un événement exceptionnel, on puise en soi-même pour ne pas paniquer, malgré les copains présents sur le bateau. La mer est une dure épreuve, à laquelle nul marin ne saurait se soustraire : l’homme devient à son tour un élément de la mer. Individualiste, le pêcheur sait ce que l’on ressent quand on est en danger. C’est pour cela qu’il est solidaire. Quand un bateau chavire, qu’un homme est à la mer, le signal de détresse est lancé sur les ondes radio et tous les bateaux « sur zone » se déroutent vers le naufragé. C’est une loi de la mer, un réflexe des « gens de mer »."

"En Europe et dans les pays riches, le poisson n’est pas un aliment de tous les jours. Il ne représente environ que 16 % de nos besoins en protéines. Le reste, 84 %, provient pour l’essentiel de la viande. Mais dans une trentaine de pays pauvres du Sud, le poisson est la source unique d’alimentation, en particulier pour les villages côtiers. Ils sont trop éloignés des villes pour être régulièrement fournis en viandes et ne peuvent pas pratiquer l’élevage : à proximité de la mer, les embruns sont néfastes aux pâturages. Ces villages ne peuvent compter que sur la mer pour se procurer de la nourriture chaque jour. Dans le monde, un homme sur six ne peut ainsi vivre sans la pêche… Chaque nuit, une quarantaine de millions de pêcheurs affrontent la mer pour nourrir leurs familles et leurs villages. "