Atlas du changement climatique



La 4e édition est en marche, qu’on se le dise !

Une page « Atlas du changement climatique » dans le cahier week-end du 4/5 décembre 2010














Troisième édition





Sortie en avril 2009





3ème édition (on en est à 35000 ex. depuis la 1ère, et on est assez content, M. Autrement et mézigue), entièrement revue, textes nouveaux, graphes nouveaux, une double sur la vigne, une autre sur les collectivités locales…
La première édition toujours disponible… en turc !




« Car des travaux publiés en 2006 estiment que les vents d’ouest sont plus importants pour la douceur de nos hivers. Ils attirent de l’air polaire sur les côtes américaines, tandis qu’ils poussent vers l’Europe l’ai réchauffé par l’Atlantique Nord. L’coéan a, en été, accumulé beaucoup de calories, qui s’en échappent lentement en automne et en hiver. Les tempêtes d’hiver, en agitant la surface de l’eau, accélérent ce transfert de chaleur. »









« Les statistiques sont parlantes : depuis quatre siècles, il n’y a jamais eu autant de canicules qu’au cours du siècle passé. Plus que l’intesnité de chaque canicule, c’est leur accumulation qui signale que quelque-chose ne va plus correctement depuis le début du vingtième siècle. À moins d’introduire l’homme dans l’équation, on n’y comprend rien : aucun processus naturel connu ne permet d’expliquer cet accroissement de la féquence des canicules. »

















































« Bien répartie, mais intermittente (la nuit, les nuages…), l’énergie solaire a l’avenir devant elle. Le rendement des panneaux s’améliore sans cesse (10-15% dans le commerce, 40% en laboratoire), et la production à l’échelle locale (quartier, village, zone commerciale), voire individuelle, est possible. Il faut pour cela que les États acceptent que chaque cioyen ou village puisse céder ou vendre à son voisin l’électricité qu’il ne consomme pas. Et que la technologie permette enfin, à coût réduit et rendement important, de stocker cette l’électricité mutualisée non utilisée dans la journée. »













































« Mis en place en 2000, les Schémas de cohérence territoriale permettent aux intercommunalités et aux agglomérations de plus de 50000 habitants de gérer de façon concertée le territoire situé dans un rayon de 15 km de leur périphérie (ou du bord de mer). Le Scot se substitue à tous les textes gérant l’urbanisme, notamment aux Plans locaux d’urbanisme (PLU) qui sont de la responsabilité des maires : une commune ne peut pas accorder de permis de construire si celui-ci n’avait pas été inscrit au préalable dans le Scot. »














Une brève histoire du climat


144 pages, essai
L'Œil Neuf
Sorti en février 2008


Et hop, encore le climat… Mais cette fois-ci, à la demande de Jean-Claude Béhar,patron de cette excellente maison, ce n'est pas le ba b a du climat, mais sa préhistoire et son histoire un peu romancées. Un drôle d'histoire que ce livre, difficile à chapitrer, à écrire. Un travail d'écriture qui m'a permis de me remettre un peu les pieds sur Terre : le climat reste très compliqué à expliquer, faire comprendre que sa variabilité naturelle, démontrée par son histoire, ne peut expliquer sa variabilité actuelle est effroyablement difficile. Ce dont profitent les scientistes pour dire haut et fort qu'il n'a pas lieu de s'inquiéter. Lesquels, j'en suis sûr, mourront d'ennui en lisant la nouvelle que je me suis permis de rédiger à la fin de livre. Une ballade en TGV entre Lille et Paris dans une France étrange, car tout à la fois étrangère à nous, en très familière.



Extraits :
"Réduit aux conjectures, le climatologue frappe à la porte de son collègue astronome, lequel connaît sa physique nucléaire. Il nous apprend donc qu’en ces temps fort lointains, le soleil était un jeune réacteur nucléaire qui venait de s’allumer (un demi milliard d’années avant la Terre à peu près) et qui donc, fort logiquement, n’avait pas atteint son régime optimal de fonctionnement. Alimenté au diesel ou à l’hydrogène, un moteur a besoin de chauffer avant de donner sa pleine mesure… Pourtant, il ne devait pas faire froid sur notre planète. Le chimiste nous apprend que la Terre était elle aussi dans son enfance : son atmosphère était extrêmement dense, riche de toute une ribambelle de molécules crachées par les volcans, suffisamment grosses pour stopper les rayonnements infrarouges envoyés par le sol, c’est-à-dire la chaleur. « L’effet de serre » était bien plus important qu’aujourd’hui. Malgré un soleil bien pâle, il faisait environ 60-75 °C, il y a plus de 2,4 milliards d’années."

"Dans ce mille-feuilles, la pression grimpait graduellement, chassant son eau, augmentant sa température, limitant puis interdisant toute entrée d’oxygène. Au fond des lagunes, dans le noir, les végétaux se dégradaient ainsi, sans air ni lumière. Ils fermentaient. Ils se résolvaient très, très lentement, à leur contenu en carbone. L’azote et l’hydrogène, constitutifs de la matière organique, disparaissaient, éliminés, passant par le stade de la tourbe, puis du lignite, de la houille et enfin de l’anthracite, composé de plus de 90 % de carbone. Les forêts de cette époque, judicieusement baptisée « Carbonifère » (qui porte lecarbone), sont toujours là, dans notre sol, sous la forme de charbon. Tout ce carbone coincé au fond des lagunes a manqué à l’atmosphère."

"Les Anasazis avaient bâti une société,non seulement trop importante numériquement, mais aussi trop interdépendante. Les seules populations qui survivent longtemps, dans un climat très aride, sont formées de petits groupes autonomes et itinérants, réunis par une autorité peu contraignante et par des rendez-vous commerciaux réguliers. Or, les Anasazis avaient élaboré un système très urbain et centralisé, dont le réseau complexe de communication était comme un écheveau de racines, sans cesse densifié pour retenir le peu de terre fertile qui demeurait encore. Défaite, une telle société, trop « artificielle », ne pouvait être reconstruite sur des bases différentes, ni adopter ce qu’on appellerait aujourd’hui un « développement soutenable »

"Le climat est-il l’ordonnateur de cette angoissante procession de cercueils ? Ce n’est pas parce qu’un désordre climatique apparaît dans les archives en même temps qu’une famine, que celle-ci provient de celui-là. Entre les deux événements, il peut exister un lien parmi d’autres. Sinon, on retrouverait systématiquement la même évolution démographique dans les mêmes régions, à chaque sursaut climatique. Or, confrontées aux mêmes saisons désastreuses, les populations ont été bien moins saignées par la famine et la maladie au XVIIIe siècle, qu’au cours de tous les siècles précédents du PAG. Au même siècle, la France a été touchée bien plus que l’Angleterre, et la capacité des deux pays s’améliore encore au XIXe siècle."

"Les prophètes d’apocalypse ont toujours eu de l’audience. Le mythe de la fin du monde structure nos mentalités : « Il n’y a rien à faire pour éviter la catastrophe, si ce n’est tenter de faire la paix avec soimême », disent-ils. Savoir que l’inéluctable a été hâté par notre insouciance nous permet de nous mortifier, de nous faire du mal à peu de frais… Le chevalier blanc du scientisme, enveloppé dans sa rationalité imperturbable, quête éperdument le Saint-Graal de la preuve absolue, tandis que l’ange noir de l’apocalypse excite les masses pour régner par la peur."

"Paris s’annonce à ses visiteurs venus du Nord, par un bosquet de palmiers géants, qui prépare le visiteur à la découverte d’un univers vertical. À l’horizon, la capitale est une forêt de tours qui émergent comme des îlots sur un lagon de petits immeubles. La barrière de corail est ici agricole. Avant de pénétrer la banlieue, le TGV traverse la vaste bande maraîchère circulaire,trouée de champs de coton. À cette heure, on distingue les nombreuses silhouettes sombres des saisonniers. Ils chargent la récolte dans un convoi ferré qui s’engage vers la gare des Batignolles."






Histoire Globale
Un autre regard sur le monde

(rédacteur du papier sur histoire & climat)
272 pages, essai
Sciences Humaines
Sorti en septembre 2008

Un pari ! Écrire sur les liens entre histoire et climat, sur ce que l'on fait dire à l'un sur l'autre. Dans un livre présentant pour a première fois en France l'histoire globale, concept très anglo-saxon et néanmoins excitant d'une histoire convoquant les autres champs de discipline pour mieux s'ancrer dans la vie des hommes. Après avoir lu ma Brève histoire du climat, Laurent Testot s'est adressé à moi. Il aurait pu (et dû) convoquer Emmanuel le Roy Ladurie. À qui j'ai quand même fait relire ce papier "stylé"…


Extraits :
"Le climat fait-il l’histoire ? À lire Charles-Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, et son lointain successeur en déterminisme, David S. Landes, on serait tenté de le croire. L’Esprit des lois comme Richesse et pauvreté des nations (1) présentent en effet le climat comme le facteur dominant, si ce n’est unique, de la condition humaine. D’ailleurs, on le croirait presqu’intuitivement. Si l’Afrique n’a toujours pas rencontré l’histoire, selon le mot raffiné du président de la République française, ce serait sans doute parce que la chaleur la rend indolente. Si les tribus d’Amazonie ou d’Indonésie n’ont pas inventé la roue, c’est à l’évidence parce que l’extrême humidité du climat ne favoriserait pas un fonctionnement optimal de leur encéphale".

"Si la lecture des archives climatiques ne permet pas, en toute rigueur, de prévoir l’histoire, celle des événements historiques nous renseigne sur les variations du temps. L’histoire permet d’y voir plus clair dans la formidable incertitude inhérente à la manipulation des données climatiques. Elle épaule le travail du climatologue qui peine à démontrer la responsabilité des hommes dans la formidable accélération du réchauffement débuté il y a un siècle et demi. Elle éclaire, enfin elle devrait éclairer, le politique dans les décisions à prendre afin d’adapter nos sociétés. "

"L’histoire du climat nous permet donc d’ores et déjà d’affirmer que ce que l’on observe aujourd’hui est étonnamment rapide. Les événements extrêmes s’additionnent à un rythme inédit : il n’y eut aucune canicule sévère au cours du XVIIe siècle, une seule le siècle suivant, 3 au XIXe et…, 7 depuis 1910, dont la pire de toutes fut 2003. Quand ils observent les hivers, les historiens se rendent également compte que le nombre des plus froids diminue rapidement depuis le début du XXe. "














angement