Fondation NICOLAS HULOT

Elle m’avait sélectionné en janvier 2009 pour l’aider à rédiger, avec le Comité de Veille Écologique, une importante réflexion post-crise.

C’est fait !

C’est :



Avec à la fin, cité après le CVE, juste sous Jacques Weber :




Parce que, si, si, je suis fier d’avoir travaillé pour cette excellente maison.


Document téléchargeable ici :
FNH




Sciences de la vie



Les femmes ont-elles une pomme d'Adam ?

216 pages, encyclopédie/pratique
l'Archipel
Sorti en février 2008



Un CV envoyé, comme cela par hasard, un coup de fil, plusieurs rendez-vous et puis : "pourquoi pas vous ?" Ben oui, Jean-Daniel Belfond, après tout, j'avais dirigé-corrigé-donné mon avis sur des écrits médicaux pour Selection du Reader's Digest. Tout de même, un livre sur les idées reçues du corps humain ! Mon esprit rationnel m'ordonnait, comme d'habitude, de dire non. J'ai donc dit oui, me rassurant en pensant que j'étais réanimateur et ex-infirmier militaire (rires). Et que j'allais sûrement m'amuser, ce qui fut le cas. Ce n'est pas tous les jours en effet que l'on peut écrire sur la création d'un pénis à partir du clitoris…


Extraits :
"On se sent bien, on reprend un verre. Hélas ! très vite, l’hypothalamus ne se laisse plus leurrer par les mauvaises informations provenant de ses capteurs de température cutanés. Il reprend le contrôle. Les artérioles sont de nouveau réduites en diamètre, provoquant une sensation de froid brutale qui perdurera car les calories de l’organisme ont été perdues au niveau de la peau, à cause de l’alcool. Le corps s’est refroidi sans qu’on s’en soit rendu compte. Le retour à la réalité, commandé par l’hypothalamus, est sévère. À moins de manger tout en buvant, il faudra longtemps frissonner avant de retrouver une température corporelle normale."

"Toutes ces observations donnent à penser que le cerveau est abusé. En effet, la sensation d’un membre est renforcée par sa vision, qui affine ses contrôles moteurs. Privé de la vision du membre auquel il est néanmoins connecté, le cerveau compenserait en sollicitant plus intensément les nerfs du moignon, afin de susciter la représentation spatiale du membre absent. Sachant que la douleur est plus vivement éprouvée quand on sollicite électriquement le moignon, cette hypothèse a un temps prévalu. Elle est pourtant fausse."

"Si les eunuques peuvent faire l’amour, pourquoi leur a-t-on confié la surveillance des femmes dans les harems ? Pour une grande part, sans doute, par ignorance de leurs capacités physiologiques. Les femmes qu’ils gardaient se sont bien abstenues de corriger la légende, profitant d’hommes qui, selon quelques rares témoignages, maintenaient leur érection plus longtemps que les autres. D’autre part, les eunuques avaient, dans la plupart des cultures qui pratiquaient l’émasculation, un statut social très élevé, parfois proche du sacré. Comment imaginer que des hommes à part fussent capables de faire l’amour !"

"La transformation d’un homme en femme explore des techniques différentes. Il s’agit d’« inverser » le pénis en vagin et clitoris. Vidé de ses corps caverneux, le pénis est coupé, retourné comme un gant puis implanté dans une fente. Le gland sert ensuite de clitoris. Des petites lèvres sont créées. Si les terminaisons nerveuses ont pu être maintenues en état, le vagin et le clitoris formés seront sensibles. L’ex-homme urinera comme une femme."

"Ainsi, quand on rêve, des zones du cerveau s’affrontent à coups de neurotransmetteurs. En revanche, on ignore pourquoi l’on perçoit des images en rêve… Même si on semble s’approcher d’un début de réponse : des patients au crâne bardé d’électrodes, plongés en plein rêve, ont révélé une activité particulière dans des zones de leur cortex dévolues à certaines tâches, dont, justement, ces sujets ont ensuite déclaré avoir rêvé. Chez ceux qui s’étaient vus portant une valise, par exemple, c’est la zone du cerveau impliquée dans la préhension qui avait été activée…"

"Pour accomplir ce « miracle », le bon docteur avait inventé un appareil, une sorte de réfrigérateur dans lequel la température de la tête fraîchement décollée pouvait être rapidement abaissée de 37 °C à 10 °C. Le métabolisme du cerveau se trouvant ainsi considérablement ralenti, l’oxy - gène du sang resté dans le cerveau après la décapitation pouvait donc suffire à le préserver une heure environ. Bien que le docteur White ait affirmé qu’il pensait réalisable une greffe de tête humaine, l’expérience n’a fort logiquement jamais été tentée."

"Un moyen alternatif de restaurer la vue des aveugles consiste à réparer la partie lésée ou déficiente du globe oculaire. Début 2007, une équipe britannique a tenté, pour la première fois, une thérapie génique des yeux mise au point un an auparavant par une équipe française. Cette technique complexe consiste à injecter dans l’humeur vitrée un gène, le RPE65, dont la mutation est considérée comme responsable d’une forme de l’amaurose congénitale de Leber. Dans cette maladie, qui conduit à la cécité, les cônes et les bâtonnets (les cellules responsables de la vision sur la rétine) communiquent mal ou plus du tout avec le tissu sous-jacent de la rétine. Le signal chimique fabriqué par les cellules pigmentaires est traduit dans ce tissu en signal électrique compréhensible par le cerveau. Après l’injection, le gène se pose sur la rétine où, en principe, il doit s’exprimer."

"Comme chez les grands singes, dont nous sommes, le bâillement serait un acte social permettant de jauger l’empathie à l’égard des autres. Les primates ont pour caractéristique évolutive dominante la capacité à s’exprimer par les mimiques faciales. Le bâillement doit donc être considéré comme un signe avertissant d’un changement d’émotion, diversement interprétable : l’autre peut se mettre lui même en situation de vigilance en bâillant à son tour, ou, au contraire, se contenir en signe de méfiance. L’absence de bâillement serait alors le signe d’un manque d’empathie ou d’une grande méfiance vis-à-vis de ses congénères. À l’inverse, bâiller en groupe pourrait être interprété comme un moyen de mettre l’ensemble du groupe en état de vigilance. Cette stratégie sociale de survie viendrait donc de la nuit des temps…"





Voyages et guides de voyages


Des guides chez Gallimard (GéoGuide Martinique et Périgord/Quercy, première édition), et chez Michelin (coauteur de La France sauvage et Périgord/Quercy).





Coauteur d’une collection chez Solar :

Montagnes du monde
Déserts du monde
Fleuves du monde
Routes mythiques du monde

252 pages (coauteur)

Solar/Géo
Sortis entre 2002 et 2007


Une collection dirigée par la grande Ève Sivadjian, à laquelle je participe depuis le début. Deux, trois, quatre papiers par livre, c'est selon. En terme économique, l'affaire est un gouffre car elle coûte une fortune en bibliographie et demande un temps fou. La charte éditoriale est difficile : rendre vivant de sites minéraux, les raconter comme on ferait parler des hommes, sans tomber dans le lyrisme à deux sous. Cela s'est avéré être un entraînement précieux avant d'aborder l'histoire comme un roman (voir plus haut…).





Extraits :
"Monter à l’assaut du Margarita est une épreuve. Le Kilimanjaro, à côté, fait sourire. Le Ruwenzori vous happe. Il vous étouffe et vous aspire, dans une ambiance préhistorique où l’on ne s’étonnerait pas de saluer un des Hobbits de Tolkien. L’eau s’insinue partout jusqu’à oppresser. Elle réduit le champ de vision, empêche les perspectives, dilue les couleurs, baisse le contraste, use les formes. Elle qui manque tant au pied de ces montagnes fait ici peur : dans la brume sombre, l’homme se croit à la merci de quelque créature étrange, d’un fantôme habitant la végétation ectoplasmique. En dessous de 2400m, le promeneur traverse une forêt tropicale unique, vestige de celle qui, au Quaternaire, occupait une bonne partie de l’Afrique. Le temps s’est asséché et les sylves denses sont devenues savanes… sauf dans ce refuge à l’abri des hommes. "
"Dans un environnement aussi hostile, où la nourriture est aussi rare que l’eau, les Bédouins ont survécu en constituant des groupes familiaux dispersés, soudés par de très forts liens tribaux. Dès la naissance, écrivait Thesiger, “le Bédouin devait s’aguerrir contre les rigueurs du désert, s’habituer à boire l’eau amère et rare, manger le pain sans levain, apprendre à supporter la piqûre irritante du sable soulevé par le vent, l’intensité du froid, les excès de la chaleur, et l’aveuglante lumière de cette terre sans ombre et sans nuages”. Soumis à un tel régime, l’homme du désert développait une grande résistance psychique. Une morale, à vrai dire. Indifférent à la souffrance, accordant peu de prix à la vie tout en respectant la dignité de celle de l’homme, ami ou ennemi ; méprisant le confort car fier de la dureté de son existence ; ne possédant rien d’autre que son chameau, son poignard et son fusil, mais ne refusant jamais l’hospitalité à quiconque ; à la fois individualiste et solidaire, le Bédouin était un philosophe. Le monde l’obligeait à être patient et fataliste. Il en est devenu poète. Rien d’étonnant que l’Islam soit né de son mysticisme. Les Bédouins ont projeté leur vision du monde et leur façon de survivre en un souffle qui a submergé le monde. Ce sont des pillards loqueteux et incultes qui ont chevauché de Poitiers à la Chine pour imposer plus qu’une religion, une civilisation."

"Avec 336 km de cours la Tamise ne devrait être qu’une banale rivière. Mais voilà : elle se jette à la mer après avoir traversé Londres, et cela suffit à l’élever à la dignité de fleuve. The Thames est une direction. Taillant sa route dans de moelleux calcaires, elle hale les pentes des collines jusqu’à rencontrer son estuaire. Là, dans un berceau de gravier, elle s’élargit, lâche les reliefs et affronte la marée. Londres ne pouvait que s’installer à ce point précis : la Tamise est une évidence. En la suivant depuis sa source, on est le spectateur reposé du génie anglais. Celui des paysages champêtres où l’on croit avoir vu quelque Hobbit de JRR Tolkien ; celui des manoirs fleuris, théâtres évidents de meurtres de bon goût commis par Agatha Christie ; celui de palais immenses, surchargés d’extravagances ; celui des quais de Londres où l’on cherche en s’ouvrant le nez la brume méphitique de la gloire victorienne ; celui, enfin, sans doute le plus grand, de la mer : par la Tamise, l’Anglais s’est offert l’océan, et le monde apprit à s’offrir à l’Angleterre. "

« Assise sur un promontoire dans la baie de Haïfa, « Akko » est une ville croisée. Son plan, ses murailles, sa population, tout rappelle la période franque. Au centre de la vieille ville, les rues parfaitement anarchiques ont épousé le tracé et la forme des anciennes enfouies par le temps, que les pelleteuses dégagent à chaque manœuvre. La muraille est encore sur le port, avec les vestiges de la citadelle faisant face à la marina. Mais c’est en sous-sol que l’une des plus belles cités d’Israël raconte son passé. Au nord de la ville, la cité des Hospitaliers est souterraine. Au cœur de gigantesques salles voûtées en arc brisé, l’air est frais. Dans l’une d’elles, des fleurs de lys sculptées signent l’origine des anciens maîtres de Saint-Jean d’Acre. Sans bruit, dispensant une lumière chiche, la cité oubliée ramène au plus beau du gothique des monastères et des hôpitaux médiévaux de France."






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