QUELLE FRANCE EN 2030 ?
Réchauffement : va-t-on pouvoir s'adapter ?

Sorti en février 2009


Je n'ai fait ni mon Attali, ni mon de Rosnay, ni mon expert, je me suis contenté de réfléchir au pourquoi du comment on en est là et de me renseigner sur les contraintes qu'exercera le dérèglement climatique. Ceci fait, les choses qui devront changer parce qu'elles ne seront plus adaptées apparaissent d'elles-mêmes. Le travail consiste alors à imaginer deux scénarios opposés, extrêmes : le "on ne change rien", et le "on change tout". Puis à tenter de trouver les facteurs sociaux, économiques, politiques, culturels ou encore sanitaires qui influenceront le choix de l'électeur-consommateur entre ces deux non-choix. Le tout emballé avec mes propres idées. Il paraît que ma conclusion est très politique. Vous me direz… En tous les cas, nous avons connu deux guerres, je ne vois donc pas pourquoi nous ne serions pas (plus) capables de remuer notre société comme nous l'avons déjà fait. Mais c'est une révolution mentale !? Oui ! Et i faut la faire… vite…

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Extraits :

"En 2030, se baigner dans les lacs et les rivières sera devenu aléatoire :l’amaigrissement de la ressource frappera également les eaux douces par l’évaporation plus forte des lacs de retenue et la diminution des débits des rivières, due à la fois au déficit des pluies et, au printemps, à une alimentation plus rare par la fonte de neiges. Les étiages d’été seront en conséquence plus précoces, et les crues d’hiver sans doute plus fortes, en raison de la hausse des précipitations.."

"Quelle que soit la forêt future, l’adaptation des pratiques est en route. Le risque est que celles-ci soient tout entières orientées vers une production de bois-énergie, afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre du secteur « énergie », et la plantation d’arbres à croissance rapide pour capter le carbone atmosphérique. L’adaptation de la forêt française au dérèglement climatique se ferait alors au détriment de sa biodiversité, ce qui la condamnerait à long terme. Une forêt, tempérée ou tropicale, n’est pas qu’un puits de carbone valorisable dans une chaudière dernier cri "

"Quel prix devront alors payer les oiseaux pour leur adaptation ? Ils volent en retard, sur les insectes qu’ils mangent, et en ordre dispersé, la hausse de la température moyenne induisant une modification des rapports (en terme d’aire géographique, de concurrence pour la nourriture etc.) entre espèces d’oiseaux. Or, n’oublions jamais qu’une espèce est avant tout, d’un point de vue écologique, un noeud de relations entre les autres espèces et son milieu de vie. Certaines, parmi les plus fragiles ou les plus spécialisées comme les linottes ou les alouettes, pourront ne pas y survivre. Les opportunistes en revanche… »

"Le climat de 2030 sélectionnera ainsi les meilleurs vignerons et conducteurs de vinification. Le tout-venant restera du tout-venant et le vin de qualité sera plus cher. Rien que de très commun, sinon que le monde du vin est un milieu de traditions, par essence conservateur. Ce qui fait le prestige de nos terroirs ne va-t-il pas être le frein à l’évolution nécessaire des pratiques ?"

"Comme en tout, le « réchauffement » ne crée rien, mais il accentue l’existant. L’augmentation de la couche d’eau facilitera la progression de la houle vers le rivage parce que son freinage, inversement
proportionnel à la profondeur, sera plus faible. En se levant, la mer va rogner les plages et les falaises sur une surface et une hauteur plus importantes. Où cela ? Là où la mer entame déjà les côtes. Les érosions nouvelles apparaîtront sur les littoraux profonds, c’est-à-dire à peu près partout où des falaises plongent dans la mer, car les vagues iront déferler plus haut, arrachant plus de matériaux que la houle ou la marée haute. Une mer plus haute c’est aussi une mer qui « porte » plus haut les coups de vent, les tempêtes. La probabilité de submersion d’un littoral lors d’une grande dépression va nécessairement augmenter, comme on va le voir"

"L’autre question, liée à la première, est la propriété foncière : à qui appartiendront les surfaces agricoles attribuées à la préservation de la biodiversité, au maintien des sols sur les rives et à la production d’énergie ? À moins d’une remontée de la démographie agricole, et compte tenu du coup d’entretien de surfaces qui ne rapporteront plus rien d’autre que des services évaluables sur le très long terme, la tentation sera grande, pour les pouvoirs publics, d’attribuer la propriété ou l’usage des espaces agricoles non productifs à des sociétés privées. Décidément, l’action des élus locaux sera capitale, d’autant qu’au même moment ils devront faire face au partage du territoire entre l’urbain et le rural."

"Voilà des tours bien idéales, et parfaitement utopiques, car les technologies nécessaires sont balbutiantes. Les tours ont en effet cinq problèmes à résoudre : leur immense surface vitrée, gage de canicule en été et de froid en hiver ; l’absence de ventilation naturelle ; l’extravagante consommation électrique des bureaux ; la grande variabilité des vents en milieu urbain et la turbulence des thermiques, incompatibles avec les éoliennes actuelles ; enfin, le faible rendement des panneaux photovoltaïques, encore diminué par la présence d’immenses ombres portées par les tours adjacentes. La tour verte n’est pas pour demain."

"Au-delà de quelle perte de temps en finit-on avec sa voiture ? C’est difficile à dire, car le temps perdu assis dans son auto climatisée à écouter la radio est mieux vécu que debout dans un RER. Néanmoins, des travaux de modélisation ont permis de montrer qu’une augmentation d’un quart du temps du parcours habituel encouragerait à peine 9 % des automobilistes à se diriger vers les gares. Un doublement du temps passé en voiture, pour un trajet identique, n’entraînerait un basculement que d’un quart."

"La France de 2030 aura les yeux qui pleurent et des difficultés respiratoires. Mais, comme pour les maladies infectieuses et la mortalité par hyperthermie ou déshydratation, le climat n’en sera pas la cause unique. Son effet, réel, sera comme aujourd’hui amplifié par d’autres facteurs d’ordre socio-économiques et démographiques. Son dérèglement va révéler d’autres problèmes liés à la structure sociale de notre pays, à notre politique de santé publique, à notre vieillissement."

"En 2030, la nature sera omniprésente dans les débats parce que les coûts réels de sa déprédation auront été intégrés dans le compte d’exploitation de la France. Les externalités, supportées par le contribuable, auront été en partie incluses dans les budgets des acteurs économiques. En partie, seulement, parce que la société devra de toutes les façons payer pour ses choix : le pollueur ne peut être entièrement le payeur dans la mesure où la société lui a laissé trop longtemps le loisir de polluer. Finalement, ce système relève du bon sens."








Sommaire

Introduction 1 - Où vivre en 2030 ? Quand la machine climatique s’emballe. Des prévisions de plus en plus convergentes. Quelles températures en France ? Des étés de plus en plus chauds. L’eau sera imprévisible. Le Sud sera-t-il toujours attractif ? La montagne : hiver ou été ? 2 - Le Sud est monté au Nord Revenons au climat. Un voyage de 180 km vers le nord. La victoire du pin maritime ? Des arbres plus hauts, plus tôt. Une course contre les parasites. Comment ne pas insulter l’avenir. Papillons et libellules en migrance. Les oiseaux ont pris le départ. En 2030, les oiseaux seront-ils en retard ? Nos paysages seront ceux que nous ferons. 3 - La France dans ses vignobles Des cépages en fonction de la température. Un cycle complètement bousculé. Des vins toujours plus alcoolisés. Où exprimera-t-on le vin en France en 2030 ? Le climat sélectionnera les bons vignerons et les plus habiles vinificateurs. 4 - La France vue depuis ses côtes Que seront devenues nos plages ? Le littoral va reculer… là où il recule déjà. Les visages de la côte. Languedoc, Côte d’Opale, bientôt submergés ? Reculer ou résister ? Et les ports ? 2030, combien de ports de pêche ? La France ignorera-t-elle toujours sa mer ? 5 - Une France morcelée L’agriculture profiterait-elle du dérèglement du climat ? L’agriculture en question. Choisir notre agriculture est un choix de société. Une agriculture hors-sol et hors de prix. Les scénarios. Une France sacrifiée, une autre laissée à l’abandon. Retour vers une France des terroirs. Un scénario mixte. 6 - Le visage de l’urbanisme durable Villes et voitures : le couple infernal. La ville à la campagne. Premier scénario : le laisser-faire. Second scénario : la campagne donne le ton. Troisième scénario : les villes se replient sur elles-mêmes. Quatrième scénario : des villes séparées de leurs agglomérations. Pourquoi des tours ? Construire en s’adaptant au climat. Des maisons passives ? Les utopies énergétiques. 7 - Voiture, vers la fin d’une civilisation ? L’auto, véhicule et victime de l’étalement urbain. L’auto, beaucoup d’idées reçues. Demain, les techniques du diesel pour les moteurs essence. Vers l’essence synthétique ? Les hybrides rechargeables. Le tout-électrique. L’hydrogène, entre utopie et réalisme. Les transports en commun, à quelles conditions ? En ville : tramway et métro automatique. Le règne du train ? Des camions, toujours des camions. La redécouverte du cabotage. Le retour du paquebot ? 8 - Notre assiette en 2030 Vers une nourriture totalement sous contrôle ? et conforme à l’Assurance-maladie ? L’autre scénario : un appétit nouveau pour les « bons » produits ? La crise économique, une chance ? L’écart entre riches et pauvres sera déterminant. La raréfaction du poisson. L’espoir de pratiques nouvelles. 9 - Santé, entre risques et fantasmes Le palu en Camargue ? Chikungunya à Nice ? Des virus et des tiques en expansion. La multiplication des canicules. Les allergies à la mode. Maison « bio », maisons toxiques ? 10 - La nature a désormais un prix La nature serait-elle un désert ? Le loup va-t-il rentrer à Paris ? Et à l’étable ? La France s’ensauvage, mais sommes-nous prêt à l’accepter ? Nous sommes définitivement des paysans. La nature, parce qu’elle le vaut bien ? Le marché du carbone. Bientôt le poisson privatisé ? La nature a un coût, celui de sa perte. Les outils sont déjà là. Conclusion


Merci !

Merci maires, élus, aménageurs, entreprises qui m’en faites abondamment causer !

Car mes confrères et consœurs de la presse, niet !

À part Denis Cheissoux, iTélé, RFI et…


Il y a pourtant tout dedans ! Un vrai manuel de (ré)aménagement du territoire.

Faut bien que je fasse ma pub.





en parle, en mars 2010.































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